La Rochelle: Les frondeurs se sentent pousser des ailes

POLITIQUE Ils pensent que le virage pris par le gouvernement peut les renforcer...

Maud Pierron

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La séance plénière de l'université d'été du PS.
La séance plénière de l'université d'été du PS. — JEAN-PIERRE MULLER / AFP

C’est la grande attraction de La Rochelle: les frondeurs du PS se retrouvent samedi matin en marge de l’université d’été du parti pour proposer leur manifeste et consacrer le nom de leur collectif «Vive la gauche». Leur rencontre était annoncée depuis de longues semaines mais avec «la ligne sociale-libérale claire assumée par le gouvernement», ils pensent avoir le vent dans le dos.

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D’ailleurs, ils ne se sont pas privés de faire savoir qu’ils ont changé la reservation de leur salle pour faire face à l’affluence. «L’idée, c’est de chercher l’onction militante et de garder la dimension du collectif, avec des gens de différents courants», explique l’un de ces élus.

«On veut aider François Hollande à rééquilibrer sa politique»

Ce qui explique qu’ils ne souhaitent plus forcément voir Arnaud Montebourg passer une tête à leur rassemblement comme c’était prévu avant son éviction du gouvernement. «Ça donnerait l’image d’une écurie présidentielle. On sait quelle serait la lecture faite par les médias avec un Montebourg qui recevrait une standing ovation. Ce serait catastrophique pour nous car nous ne voulons pas être une écurie présidentielle», explique l’un d’entre eux.

Entre la standing ovation de manuel Valls au Medef, le débat rouvert sur les 35 heures et le détricotage de la loi Alur, ils jugent que leur mouvement, qui tourne autour d’une quarantaine d’élus, pourrait grandir. «Mais le but n’est pas de mettre en minorité le gouvernement, nous voulons le forcer à négocier, explique Laurent Baumel à 20 Minutes. On n’est pas Mélenchon, on ne parie pas sur l’échec du gouvernement. On veut aider François Hollande à réussir, à rééquilibrer sa politique. Mais parfois, il faut le faire malgré lui».

La menace donne évidemment de l’urticaire aux proches de Manuel Valls. «Le PS anime a lui tout seul la vie politique en France. On se tire une balle dans le pied parce qu’on a l’habitude des débats mais là, on atteint des sommets à partir du moment où on fait nous-mêmes le travail d’opposition».