François Fillon va changer de braquet pour s'imposer face à Juppé et Sarkozy

POLITIQUE Engagé dans la course à la primaire UMP, il devrait se montrer plus présent et continuer de travailler son programme pour passer devant Alain Juppé et Nicolas Sarkozy dans le coeur des sympathisants de droite...

Maud Pierron
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François Fillon à Rouez-en-Champagne (Sarthe), le 27 août 2014.
François Fillon à Rouez-en-Champagne (Sarthe), le 27 août 2014. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

A Rouez-en-Champagne (Sarthe)

Entre un candidat déclaré à la primaire UMP au cœur de l’été, Alain Juppé, et un candidat putatif, Nicolas Sarkozy, François Fillon a cherché à se distinguer pour sa rentrée politique ce mercredi. Tout au long d’un discours en forme de réquisitoire contre François Hollande, l’ex-Premier ministre s’est présenté en réformateur déterminé à mener une politique «radicale» pour «redresser» la France.

Dans le cadre champêtre de Rouez-en-Champagne, dans son fief de la Sarthe, François Fillon a rappelé ses propositions: réduction des dépenses de 100 milliards d’euros, fin des 35h, hausse de la TVA pour faire baisser «fortement» le coût du travail, réduction de 20% du nombre de fonctionnaires et leur passage aux 39h, suppression de l’ISF…

«Il va forcer l’allure»

Peut-on «gagner en préconisant une réponse de choc? On vous dira non, moi je vous dirai oui, car le pays est lucide comme jamais, furieux de se voir trompé par les boniments. Nos concitoyens sont à la limite de la révolte. Ils sont prêts à prendre des risques», mûrs pour «un projet de vérité, de rupture et de rassemblement», a-t-il détaillé, provoquant les applaudissements de ses partisans. Et le candidat à la primaire a dévoilé son calendrier, jusqu’à l’été prochain, pour décliner ses propositions sur les sujets phares, des finances à l’immigration. «C’est le seul qui travaille dans un devoir de vérité», clame son entourage à chaque instant. «Il a choisi d’être sur les idées et les propositions, la preuve on a invité des think tanks», plastronne un proche pour mieux mettre en valeur le présumé vide intellectuel des concurrents.

«On fait la course dans notre couloir, on ne s’occupe pas des autres», explique-t-on, persuadé que de toute façon, François Fillon a une longueur d’avance. Et «il va forcer l’allure» dans les semaines qui suivent pour dribler un Alain Juppé qui, pour le camp Fillon présente «la faiblesse» de ne pas avoir de réseaux, surtout depuis que son homme-lige, Patrick Stéfanini, s’est mis au service de François Fillon l’an dernier. Et contrer un Sarkozy, ou d’autres candidats éventuels, qui croiraient en la «génération spontanée des idées» alors que la primaire approche à grands pas.

Déplacement en Irak

Reste que dans son camp, on a identifié un aspect à travailler pour la candidature Fillon: la communication, qui ne serait pas à la hauteur du travail fourni par le député de Paris. «Les Français ne l’entendent pas assez.» Le remède? Aller contre la nature de l’ex-Premier ministre, peu réputé pour son appétence à parler aux journalistes. Dans les prochaines semaines, il devrait donc multiplier les prises de parole dans les médias nationaux et locaux. TF1 ce mercredi soir, même s’il a fallu le convaincre, Jean-Jacques Bourdin jeudi matin. Et en début de semaine prochaine, selon nos informations, il marquera le coup et allant en Irak où «il existe une arme de destruction massive, l’Etat islamique», a-t-il déclaré dans son discours. Un moyen de mettre en image sa violente charge contre la politique étrangère de François Hollande et «son autosatisfaction inquiétante» et de parfaire sa stature d’homme d’Etat. Et de démontrer, alors que l’UMP achèvera son campus au Touquet, qu’au-delà des militants UMP, c’est aux Français que François Fillon veut s’adresser pour se poser en homme d’Etat.