Remaniement: Une grosse surprise pleine de symboles… et peu de changement

POLITIQUE L’arrivée de l’ex-banquier d’affaires de chez Rothschild, qui n’a jamais été élu, est la sensation de ce remaniement…

Maud Pierron

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Manuel Valls et François Hollande le 25 août 2014 sur le perron de l'Elysée à Paris
Manuel Valls et François Hollande le 25 août 2014 sur le perron de l'Elysée à Paris — Dominique Faget AFP

Quitte à clarifier le cap social-démocrate, François Hollande et Manuel Valls ont décidé de marquer le coup. Exit, les ministres frondeurs donc, et bienvenue à Emmanuel Macron, l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée de 36 ans, installé au ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, à la place d’Arnaud Montebourg. Or, avec la nomination surprise de cet ex-banquier de chez Rothschild décrit comme brillant, c’est l’un des symboles de la finance, un temps l’ennemi de Hollande, qui entre à Bercy. Un signal ferme envoyé aux frondeurs et à une majorité divisée.

Le front du refus

Outre cette surprise, le couple exécutif a gardé principalement l’ossature de sa précédente équipe, radicaux de gauche y compris, sans parvenir à élargir la base de sa majorité, toujours amputée des écologistes et désormais de l’aile gauche du PS.

François Lamy, qui était du gouvernement Ayrault, a bien été approché mais ce proche de Martine Aubry a refusé d’entrer au gouvernement. Et après plusieurs discussions, les écologistes les plus Valls-compatibles ont refusé d’y aller. C’est Jean-Vincent Placé, celui qui plaidait le plus fort pour une entrée des écologistes au gouvernement, qui l’a annoncé lui-même au cœur de l’après-midi sur Twitter.

 

La députée EELV Barbara Pompili a précisé par la suite que les propositions n’étaient pas à la hauteur et qu’elle n’était pas sûre de la «sincérite» des offres faites par Manuel Valls. L’ex-patron du PCF et désormais président du MUP Robert Hue, sollicité, a également annoncé qu’il ne souhaitait pas rentrer au gouvernement, tout comme Jean-Michel Baylet, le patron des radicaux de gauche, qui réclamait un poste régalien. Alors Hollande et Valls ont fait du neuf avec du vieux… en rappelant un ancien du gouvernement Ayrault, Alain Vidalies, nommé secrétaire d’Etat aux Transports en remplacement de Frédéric Cuvillier, qui a préféré quitter le navire, faute de moyens de mener une politique «cohérente». Et en faisant monter deux des plus jeunes membres de l’équipe gouvernementale, qui plus est, des femmes, ce qui ne compensera pas la suppression du ministère des Droits des femmes.

Du neuf avec du vieux

A l’Education, Najat Vallaud-Belkacem prend la suite de Benoît Hamon au poste de numéro trois du gouvernement. Une jolie promotion pour l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports qui est la première femme à être nommée à ce poste et devra très vite rentrer dans son poste à quelques jours de la rentrée.

Fleur Pellerin a un peu suivi le même parcours: promue à chaque remaniement ou presque. L’ex-secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur devient ministre de plein exercice, à la Culture et à la Communication à la place d’Aurélie Filippetti. C’est un jeune député PS Thomas Thevenoud, qui la remplace. Au rang des arrivées également, Philippe Kanner, adjoint de Martine Aubry à Lille, qui prend le ministère de la Ville. Deux autres femmes complètent l’équipe Valls II: la députée de la Somme Pascale Boistard nommée au secrétariat des Affaires sociales et Myriam El Khomri, adjointe aux questions de Sécurité à la maire socialiste de Paris, au secrétariat d’Etat à la Ville. Ce qui permet de respecter, à un secrétaire d’Etat près, la parité.