Remaniement: Bernard Cazeneuve conserve son costume de premier flic de France

PORTRAIT Le ministre de l’Intérieur est reconduit dans ses fonctions…

William Molinié

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve le 8 mai 2014 à Bruxelles
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve le 8 mai 2014 à Bruxelles — Georges Gobet AFP

«Il est au service de l’Etat. Il fera ce qu’on lui demande», expliquait ce mardi matin à 20 Minutes un proche conseiller de Bernard Cazeneuve, alors qu’allaient bon train les tractations sur le remaniement. Le ministre de l’Intérieur est reconduit dans ses fonctions par Manuel Valls et François Hollande. Il n’y avait pas vraiment de suspense quant à la présence dans le gouvernement Valls de ce proche du président.

Appelé à la rescousse pour remplacer Jérôme Cahuzac au Budget, démissionnaire à la suite de révélations de fraudes fiscales en mars 2013, Bernard Cazeneuve s’est forgé une solide réputation de démineur. «L’homme des dossiers difficiles et des situations compliquées», résumait un connaisseur de la Place Beauvau il y a quelques semaines.

«Il peut remplir n’importe quelle mission»

Le ministre de l’Intérieur, locataire surprise de la Place Beauvau, a réussi à imposer son autorité sans trop faire de vagues. Dès ses premiers pas dans le costume de premier flic de France, Bernard Cazeneuve a rompu avec le style Valls, fait de testostérone et de déclarations médiatiques.

Plus discret -certains diront même austère-, il se veut présent sur le terrain. «Il était ravi de sortir des bureaux de Bercy et de faire des déplacements», raconte un conseiller. Du terrain, certes, mais pas de bruit pour rien, à l’image de sa tonalité de parole, très faible -il faut tendre l’oreille pour l’entendre.

Des rumeurs laissaient entendre qu’il aurait pu retrouver un poste plus «économique» dans cette nouvelle équipe. «Ça montre qu’il a réussi au Budget. Qu’il peut remplir n’importe quelle mission et que ses compétences sont très diverses», avance-t-on dans son entourage, précisant qu’il «se plaît beaucoup à Beauvau».

«Bâtisseur»

Passionné de botanique, aimant les bons mots en privé et maniant la grammaire française avec force, l’ancien maire de Cherbourg est perçu à la fois comme «homme de dossier» et un «bâtisseur». Calme et réservé en apparence, il n’hésite pas, en privé et même devant François Hollande, à citer avec humour Les Tontons flingueurs, sauce à laquelle il a été éduqué, disent ses collaborateurs.

Malgré tout, dans les affaires, Bernard Cazeneuve est «dur sur les dossiers», reconnaît un syndicaliste policier. Parmi les enjeux qui attendent le ministre de l’Intérieur dans les prochaines semaines, figure notamment la consolidation du projet de loi antiterroriste, perçu par l’aile gauche de la classe politique comme «liberticide».