Gouvernement: Pourquoi le nom de Robert Hue est cité

POLITIQUE Il est l'un des fervents soutiens de François Hollande...

Maud Pierron
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Robert Hue et François Hollande le 12 avril 2012, lors d'un déplacement de campagne du candidat PS à la présidentielle à Clermont-Ferrand.
Robert Hue et François Hollande le 12 avril 2012, lors d'un déplacement de campagne du candidat PS à la présidentielle à Clermont-Ferrand. — T. ZOCCOLAN / AFP

Robert Hue au gouvernement… C’est l’une des pistes avancées par les médias sur les «nouvelles» têtes qui pourraient rejoindre l’équipe de Manuel Valls annoncée ce mardi après-midi.

Si cette information peut surprendre, elle prend du sens au regard de la relation de Robert Hue et François Hollande ces dernières années. D’ailleurs, en juin 2012, son nom était déjà évoqué pour prendre le portefeuille de l’Apprentissage et, en mars dernier, il a également été envisagé.

A chaque fois, ça a été non. Mais aujourd’hui, l’entrée au gouvernement de Robert Hue, avec son étiquette d’ex-patron du PCF permettrait de montrer que le gouvernement élargit sa base qui vient de se rétrécir avec le départ de l’aile gauche du PS. Dans le même esprit, Manuel Valls tente d’obtenir l’entrée d’une personnalité écologiste, même si le parti a voté contre.

Pour Robert Hue, cette nomination récompenserait une fidélité éprouvée depuis longtemps. Les deux hommes se sont connus lorsqu’ils étaient chefs de parti, l’un à la tête du PCF, l’autre du PS, à la période de «la gauche plurielle», qui avait permis à Lionel Jospin en 1997 d’entrer à Matignon. Et tant Robert Hue que François Hollande étaient d’ardents défenseurs de cette union des gauches. «Jamais l’amicale complicité née de cette période, il y a quelque dix-sept ans, ne s’est, à ce jour, altérée», confie l’actuel sénateur du Val d’Oise dans Les partis vont mourir, un livre sorti la semaine dernière en librairie (éditions l’Archipel).

Au premier rang de la campagne du candidat Hollande

En 2008, Robert Hue quitte son parti, qu’il ne juge plus «réformable», pour créer le Mouvement unitaire progressiste, tandis que François Hollande quitte le premier secrétariat du PS sous les lazzis après le congrès de Reims. De loin en loin, les deux hommes gardent une «certaine proximité», selon un observateur. Et en 2011, Robert Hue s’engage dès la primaire socialiste pour François Hollande, plaidant pour une candidature unique à gauche. «Les idées de François Hollande sont celles d’un véritable homme de gauche, un homme qui a choisi de s’adresser directement au peuple sans dissimuler les faiblesses de nos actuelles institutions», expliquait Robert Hue, critiquant la stratégie du PCF de partir avec le Front de gauche à la présidentielle.

Pendant la campagne, les journalistes du Hollande-tour s’amusaient à voir le sénateur alors toujours rattaché au groupe communiste s’afficher au premier rang de plusieurs des meetings du candidat socialiste, donnant un coup de vieux au slogan «Le changement c’est maintenant». Robert Hue multipliait les prises de parole pour exhorter les électeurs de la gauche de la gauche à glisser un bulletin Hollande pour mettre fin «à cinq ans de sarkozysme aggravé».

Visiteur du soir de l’Elysée

Alors quand Robert Hue entre le 9 mai 2012 au 59 rue de Ségur (7e), le QG du candidat tout juste élu président qui consulte en vue de constituer son gouvernement, déjà la rumeur enfle pour faire entrer l’ex patron du PCF au gouvernement. En juin, lors du premier remaniement après les législatives, le bruit courra de nouveau.

Mais c’est toujours non. Face aux critiques du groupe communiste au Sénat, Robert Hue préfère rejoindre le groupe des radicaux de gauche, par «cohérence», explique-t-il en septembre 2012. En tant qu’ancien patron du PCF, celui qui se décrit toujours «communiste» est l’un des premiers défenseurs du chef de l’Etat, expliquant à ses anciens camarades à quel point une alliance avec Jean-Luc Mélenchon peut être un «danger» pour le PCF, rapportait l’Opinion l’an dernier. Ce dont François Hollande lui sait gré.

Robert Hue passe régulièrement le portail de l’Elysée, pour des rencontres avec François Hollande. Le visiteur du soir vient débattre de la situation politique. Avant le remaniement d’avril dernier, Robert Hue, bien qu’à la tête de son MUP, est même invité aux dîners de la majorité… avec les écologistes et les radicaux de gauche.