Remaniement du gouvernement: Aurélie Filippetti, l'amie de Manuel Valls, quitte son ministère

PORTRAIT Sa ministre de la Culture a d'ores et déjà décidé de ne pas être candidate à sa succession…

Floriane Dumazert
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La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, en 2012 à Paris
La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, en 2012 à Paris — Fred Dufour AFP

La ministre de la Culture a déjà pris sa décision. N’attendant pas l’annonce du prochain gouvernement, Aurélie Filippetti a envoyé, ce lundi, une lettre ouverte à François Hollande et Manuel Valls pour leur annoncer qu’elle n’était pas candidate à sa succession.

Ce qu’elle faisait?

Aurélie Filippetti suivait François Hollande depuis sa campagne présidentielle de 2012. Conseillère spéciale du candidat socialiste en charge de la Culture, c’est naturellement qu’elle a été nommée à la tête du ministère du même nom. A partir de mai 2012, elle a récupéré le dossier Hadopi et elle a mis fin à la coupure de l’accès Internet, sanction phare de la loi visant à lutter contre le téléchargement illégal.

Au printemps, c’est sur un autre terrain qu’Aurélie Filippetti a dû faire preuve de loyauté. «J’ai tenu à la solidarité gouvernementale après l’accord du 22 mars sur le régime des intermittents sur lequel j’ai pourtant dans la nuit même alerté le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en lui disant qu’il n’était pas conforme à nos engagements.», écrit-elle aujourd’hui dans la lettre qu’elle a adressée à François Hollande et Manuel Valls.

Sa position au gouvernement

Pour apaiser les tensions, Manuel Valls avait alors fait un geste à l’égard des intermittents. Le Premier ministre avait assuré que l’Etat prendrait à sa charge le délai de carence pour neutraliser les conséquences du différé d’indemnisation qui devait être mis en place. De quoi «apaiser les inquiétudes des intermittents», avait salué la ministre de la Culture.

Déjà en septembre 2013, lors de son opposition à Cécile Duflot après ses propos sur les Roms, celui qui était alors ministre de l’Intérieur avait reçu le soutien d’Aurélie Filippetti. «Manuel Valls est un ministre républicain, à la tâche très difficile», avait-elle fait valoir. Une loyauté qu’elle lui a à nouveau témoignée dans sa lettre: «Manuel, mon amitié ne t’a jamais fait défaut depuis plusieurs années.»

Mais dans le courrier adressé ce lundi, elle évoque aussi les raisons de son départ, parmi lesquelles la fermeture des hauts fourneaux de Florange. Pour cette fille de mineurs installés en Lorraine, l’enjeu était de taille. En mai 2012, elle avait réservé sa première visite ministérielle aux salariés de l’aciérie d’Arcelor-Mittal. Et leur avait assuré que François Hollande et Jean-Marc Ayrault tiendraient leurs engagements pour sauvegarder leurs emplois. «Aujourd’hui les hauts fourneaux sont éteints. Avec eux beaucoup d’espoirs», écrit la ministre dans sa lettre.

Et après?

Son successeur récupérera tous ses dossiers, à commencer par celui des intermittents du spectacle. Car si Aurélie Filippetti et Manuel Valls ont tenté d’apaiser les tensions, les intermittents continuent les manifestations. Lors du festival d’Aurillac vendredi, ils ont été plusieurs milliers à se mobiliser contre le nouveau régime d’assurance-chômage. Et même si la saison des festivals touche à sa fin, les professionnels du spectacle ne devraient pas laisser ce dossier tomber dans l’oubli.