Loin de la crise gouvernementale, Hollande prend l'eau en Bretagne

COMMEMORATION Le président de la République a rendu hommage à la résistance sur l’île de Sein...

20 Minutes avec AFP

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François Hollande sur l'île de Sein, le 25 août 2014.
François Hollande sur l'île de Sein, le 25 août 2014. — FRED TANNEAU

Sous la pluie, comme un symbole. Le président de la République François Hollande a rendu hommage à la résistance lundi sur l’île de Sein (Finistère), avant-dernière étape d’un cycle mémoriel qui le conduira à Paris lundi soir pour les cérémonies de la Libération, dans un contexte de crise gouvernementale.

«Petit morceau de terre plantée dans l’océan, l’Ile de Sein a été durant la Seconde Guerre mondiale une avant-garde, un exemple, une illustration du patriotisme français», a déclaré le président de la République, trempé, sous une pluie battante, après une visite du musée de la Résistance et une déambulation sur l’île.

 

«Le message de l’île de Sein, c’est qu’il n’y a pas de péril, pas de difficulté que nous (ne) puissions surmonter, dès lors que la volonté existe, dès lors que le rassemblement se fait», a souligné M. Hollande, dans ce qui a semblé une allusion à la tempête politique en cours.

Message à la Bretagne

Le président, qui a chargé lundi matin son Premier ministre, Manuel Valls, de former un nouveau gouvernement, après les déclarations tonitruantes du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, a précisé qu’il n’aurait «renoncé à aucun prix» à sa venue.

Dans un message d’apaisement après la fronde des Bonnets rouges, il a rappelé «ce que la France doit à la Bretagne» et souligné que la nation n’avait «rien à craindre» de l’affirmation des identités régionales.

Elevée au rang de Compagnon de la Libération par le général de Gaulle, l’île de Sein a vu une grande partie de sa population masculine en âge de combattre refuser l’Armistice du 22 juin 1940 et rallier l’Angleterre, principalement les 24 et 26 juin. En tout 128 Sénans répondront à l’Appel du général de Gaulle à continuer le combat, dont «22 ne sont pas revenus».

Retour à Paris pour la clôture des célébrations

François Hollande devrait être de retour dans l’après-midi à Paris, où il dévoilera une plaque commémorative à 20H00 à la préfecture de police. Il participera ensuite à une cérémonie «mémorielle et festive» sur le parvis de l’Hôtel de Ville, aux côtés notamment du Premier ministre, Manuel Valls, du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, du secrétaire d’Etat en charge des Anciens combattants, Kader Arif, du président du Sénat, Jean-Pierre Bel (PS), de l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) et bien sûr de la maire, Anne Hidalgo (PS).

Après un passage en revue des troupes, et un discours d’Anne Hidalgo et de François Hollande, un spectacle son et lumière utilisant la technique du «vidéomapping» sera projeté sur la façade de l’Hôtel de Ville. Le spectacle, qui retracera les grandes étapes de la seconde guerre mondiale en France, jusqu’à la Libération, dévoilera des centaines d’images d’archives inédites, et mettra à contribution 160 artistes et 200 techniciens, selon le dossier de presse de la Ville.

Place à la danse ensuite, avec un «bal populaire» rappelant les bals spontanés qui fêtèrent l’entrée de la 2e division blindée du général Leclerc dans la capitale et la capitulation de l’occupant allemand. Cette journée vient pour le président de la République conclure un trimestre ponctué par les commémorations, le 6 juin sur les plages du Débarquement en Normandie, le 3 août sur le site d’Hartmannswiller (Alsace) pour célébrer l’amitié franco-allemande, et le 15 août en Provence sur les traces de l’armée d’Afrique.