Démission du gouvernement Valls: Les probables sortants, restants et nouveaux entrants

POLITIQUE Manuel Valls rencontre les ministres un par un tout au long de ce lundi…

William Molinié

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François Hollande et Manuel Valls se serrent la main à la sortie du conseil des ministres le 20 août 2014 sur le perron de l'Elysée à Paris
François Hollande et Manuel Valls se serrent la main à la sortie du conseil des ministres le 20 août 2014 sur le perron de l'Elysée à Paris — Patrick Kovarik AFP

Après l’annonce du remaniement, le Premier ministre Manuel Valls a vingt-quatre heures pour remodeler une équipe. Il a commencé ce lundi à rencontrer tous les ministres, un par un. A commencer par Benoît Hamon. Qui va rester, qui va partir, quels seront les petits nouveaux? Décryptage du mercato politique de la rentrée…

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Ceux qui peuvent partir…

Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie est sans aucun doute le premier à faire les frais de cette crise gouvernementale qu’il a lui-même déclenchée en tenant des propos publics contraires à la politique économique de François Hollande et de Manuel Valls. Il doit faire une déclaration ce lundi à 16h.

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Si son sort est scellé, ceux d’autres ministres sont à trancher. Comme celui de Benoît Hamon, le ministre de l’Education nationale, qui a marqué ce week-end ses distances avec la politique économique du gouvernement, en compagnie d’Arnaud Montebourg. Il rassemble aussi de nombreux socialistes désabusés. Invité par Arnaud Montebourg ce week-end à Frangy, il risque de payer au prix fort sa proximité et son soutien au ministre de l’Economie. La presse rapporte qu’il tenterait désormais de sauver sa tête en disant qu’il a été mal compris. Selon son entourage, il estime que le Premier ministre a eu une «sur-réaction médiatique».

En arrière-plan, figurent Christiane Taubira, la ministre de la Justice, et Aurélie Filippetti, la ministre de la communication. Toutes deux ont soutenu Arnaud Montebourg, qui pourrait les entraîner dans son éviction.

Ceux qui vont sans doute rester…

A moins qu’eux-mêmes ne décident de partir, la garde rapprochée de François Hollande va rester: Stéphane Le Foll (agriculture), Michel Sapin (finances), Jean-Yves Le Drian (défense), François Rebsamen (travail).

De même, il n’y aura a priori pas de problème pour Ségolène Royal (écologie), Laurent Fabius (affaires étrangères), Bernard Cazeneuve (intérieur), pour rester dans le prochain gouvernement. Même si des changements de portefeuille ne sont pas à exclure.

Ceux qui pourraient entrer…

Parmi les pistes des nouveaux entrants, figure l’hypothèse d’écologistes, partis au lendemain de la débâcle des municipales. Au sein du parti EELV, le débat existe et certains cadres comme Jean-Vincent Placé sont pour le retour d’écologistes au sein du gouvernement. La direction du parti doit se réunir cet après-midi par téléphone. La question sera au cœur de la discussion.

Par ailleurs, la piste d’entrée de nouveaux radicaux de gauche est également crédible. Inquiets des conséquences d’une réforme territoriale qui les ferait disparaître des Conseils généraux, les radicaux de gauche pourraient mettre leur menace à exécution et quitter la majorité. Seulement, l’exécutif a besoin d’eux à l’Assemblée nationale pour conserver une majorité confortable, surtout si, dans sa démission, Arnaud Montebourg parvient à rassembler et à entraîner la trentaine de socialistes frondeurs. En faisant entrer un ou plusieurs radicaux de gauche au gouvernement, Valls et Hollande pourraient les rassurer.

Des personnalités pourraient être promues. Comme André Vallini, actuel secrétaire d’État chargé de la Réforme territoriale qui pourrait remplacer Christiane Taubira à la Justice, selon Le Point. Pareil pour Jean-Jacques Urvoas, très proche de Manuel Valls, candidat sérieux pour le portefeuille de l’Intérieur. Auquel cas, Bernard Cazeneuve retournerait sur un poste plus «économique».