A la Fête de la Rose Hamon assure être «loyal», Montebourg juge «normal» d'ouvrir le débat

PARTI SOCIALISTE Les dernières déclarations en direct de Frangy-en-Bresse...

B. de V. avec AFP
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Arnaud Montebourg et Benoît Hamon le 28 septembre 2013 à Vieux-Boucau-les-Bains (Landes)
Arnaud Montebourg et Benoît Hamon le 28 septembre 2013 à Vieux-Boucau-les-Bains (Landes) — Jean-Pierre Muller AFP

Le ministre de l'Education nationale Benoît Hamon, a assuré dimanche être «loyal» à François Hollande et Manuel Valls après ses propos dans Le Parisien, où il dit être, avec Arnaud Montebourg, «pas loin des frondeurs socialistes», ce dernier trouvant «normal d'ouvrir le débat».

Benoît Hamon est l'invité vedette de la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse (Sâone et Loire), qui a lieu dans le fief électoral du ministre de l'Economie.

«La charge de Benoît Hamon»? Pas tout à fait

«On peut avoir un avis, une conviction, l'exprimer et être loyal. Je sais bien que dans un monde où on doit tout simplifier, dire quelque chose, c'est forcément 'tâcler' et 'être déloyal'. Nous on ne voit pas du tout les choses comme ça», a-t-il dit devant la presse, lors de son accueil dans ce village bourguignon.

«On ne peut pas être ministre dans un gouvernement et combattre, comme je le lis, un président de la République et un Premier ministre», a-t-il ajouté, en faisant référence à la Une du quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, qui titre «la charge de Benoît Hamon».

«Nous, ce qu'on veut, c'est la réussite de la gauche»

«Il y a aujourd'hui un débat, qui existe en raison de faits nouveaux: l'isolement de Mme Merkel, la menace de la déflation, et ce débat il justifie, comme beaucoup d'économistes le suggèrent, comme beaucoup de chefs de gouvernement le demandent, d'être mené. On le fait en parfaite loyauté», a-t-il assuré, niant toute contradiction avec la ligne fixée par François Hollande.

«Nous, ce qu'on veut, c'est la réussite de la gauche, avec des députés qu'ils soient frondeurs ou pas frondeurs, c'est notre seule obsession à Arnaud Montebourg et moi».

Evidemment, il reste!

A la question de savoir s'il restait au gouvernement, alors que la droite presse les deux ministres de démissionner, Hamon a répondu : «évidemment»! «Moi je suis ministre de l'Education nationale, j'ai une immense tâche et j'entends la mener, comme le ministre de l'Economie», a-t-il ajouté.

De son côté, Arnaud Montebourg a estimé, quand on est «dans une situation nouvelle très grave qui s'appelle la menace déflationniste», «normal, pour le ministre de l'Economie, d'ailleurs (pour) tout homme d'Etat, d'ouvrir le débat».

Montebourg, lui, botte en touche

Selon lui «le débat a commencé sur la table du Conseil des ministres déjà il y a plusieurs mois». «C'est le débat dans la coalition allemande» tenu par le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel: lui «on ne lui a pas demandé de partir» de son gouvernement, a-t-il souligné.

A la question réitérée par plusieurs journalistes, de savoir si lui se sentait bien au gouvernement, le ministre de l'Economie a refusé de répondre, bottant en touche.

Evoquant les bouteilles étiquetées «cuvée du Redressement» mises en vente pour sa Fête de la Rose, M. Montebourg a lancé, en s'esclaffant: «Je vais lui envoyer une bonne bouteille de la 'cuvée du redressement' au président, hein!».