Immigration clandestine: Bernard Cazeneuve à l’assaut des filières

FRONTIERE Le ministre de l’Intérieur va demander la création d’un coordinateur à l'échelle européenne…

William Molinié
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Le ministre de l'Intérieur, le 21 août 2014 à la gare du Nord.
Le ministre de l'Intérieur, le 21 août 2014 à la gare du Nord. — AFP

Madrid, Londres, Bruxelles et évidemment, Rome. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé ce jeudi après-midi, lors d’une visite à la gare du Nord à Paris (10e), qu’il entamera la semaine prochaine une tournée européenne pour renforcer la coopération européenne en matière de lutte contre les filières d’immigration clandestine.

Il demandera entre autres, la création d’un coordinateur européen sur les questions migratoires, sur le même modèle que celui qui existe sur la thématique du terrorisme. Par ailleurs, le ministre a annoncé vouloir plaider pour le renforcement des moyens alloués à l’agence Frontex, en charge des frontières extérieures de l’Union européenne (UE).

Des billets déjà achetés par les passeurs

En 2013, la France a démantelé 203 filières d’immigration clandestine et procédé à 1.470 interpellations. En seulement sept mois, en 2014, 155 filières ont été démantelées et 1.378 personnes interpellées, soit 20% de plus que l’année dernière si la tendance se confirme. Selon une source ministérielle, «cette activité a généré la saisie de quatre millions d’euros d’avoirs criminels». Par ailleurs, la France a procédé à 14% de plus de reconduites à la frontière (hors UE) en 2013 par rapport à 2012, a précisé le ministre.

La gare du Nord, où s’est déplacé le ministre de l’Intérieur, est un endroit symbolique. «Les immigrés clandestins arrivent depuis le sud de l’Italie à la gare du Nord puis rejoignent la gare du Nord pour se rendre dans des pays d’Europe du Nord ou en Grande-Bretagne via Calais», explique un conseiller de la Place Beauvau. La plupart du temps, leurs billets sont déjà achetés par des passeurs.

Pays de passage

La France est devenu principalement un pays de transit de l’immigration clandestine. «Depuis le début de l’année, on assiste à une baisse de 4% des demandes d’asile. Preuve que ce n’est pas une immigration d’installation», précise-t-on.

Ainsi, la France doit faire face l’été à un afflux d’immigrés illégaux à cause d’une mer plus calme, de la situation chaotique en Libye ou en Syrie ou encore d’opérations d’interception en Italie. La grande majorité de ces exilés veut rejoindre les pays où est installée leur diaspora. La France n’est qu’un pays de passage. Ainsi, les Erythréens ou les Somaliens ont comme objectif de rejoindre le Royaume-Uni et les Syriens, plutôt l’Allemagne ou la Suède.