Rentrée politique: Tous les partis sont à la peine, hormis le FN

POLITIQUE Quand la plupart des formations font la soupe à la grimace, le Front national se met en ordre de marche pour installer Marine Le Pen à l’Elysée en 2017…

M.B. avec AFP
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La présidente du FN, Marine Le Pen, le 9 mai 2014 à Béziers
La présidente du FN, Marine Le Pen, le 9 mai 2014 à Béziers — Sylvain Thomas AFP

Les partis affrontent, tout comme l’exécutif, une rentrée compliquée par des questions de leadership, de définition politique ou d’alliances. Une exception: le FN, qui estime avoir toutes les bonnes cases et espère prospérer encore. Revue de détail:

EELV

Les écologistes sonnent la rentrée politique avec leurs journées d’été à Bordeaux (Gironde) qui démarrent ce jeudi jusqu’à dimanche. Ils restent divisés sur la stratégie politique à adopter depuis qu’ils ont refusé de participer au gouvernement Valls. Le dernier épisode a été le départ de Marie-Christine Blandin, figure du parti dans lequel elle dit «ne plus se reconnaître». S’ils restent dans la majorité, les écologistes se font de plus en plus critiques vis-à-vis de l’exécutif. Voyage au pays de la désillusion: c’est le titre d’un témoignage que publie Cécile Duflot sur son expérience de ministre qio fait beaucoup réagir depuis mercredi.

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FG

Pour la première fois, les deux grands partis qui forment le Front de gauche font leurs universités d’été chacun de leur côté: Parti de gauche à Grenoble (Isère) du 21 au 24 août, Parti communiste en Savoie (29 au 31 août). Le FG a le 6 septembre un rendez-vous décisif. Entre-temps, Pierre Laurent sera allé à La Rochelle, jugeant opportun de parler à des socialistes «désorientés». «Erreur» selon le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui exprime sporadiquement sa lassitude et parle d’un «échec du Front de gauche», né de «l’ambiguïté depuis le début» sur l’attitude à l’égard du PS.

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PS

Après l’Université de la Rochelle (Charente-Maritime) la semaine prochaine et la fête de la Rose, organisé par Arnaud Montebourg, ce week-end, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), le Parti socialiste s’attelle à la lourde tâche que s’est assignée Jean-Christophe Cambadélis: tout changer en un an dans un parti sonné par deux déroutes électorales. Le patron du PS, élu en avril, fait face aux doutes des militants et aux critiques des «frondeurs».

Du 1er septembre au 6 décembre, se tiennent les «états généraux des socialistes», vaste processus de consultation militante visant à reformuler un socialisme moderne, «la carte d’identité» du parti. Questionnaires, contributions… Le tout aboutira à une charte finale, démarche distincte du congrès de 2015, à une date non précisée. Façon de diluer la contestation? Pour les détracteurs de la démarche, Jean-Christophe Cambadélis cherche avant tout à s’imposer auprès des militants en vue de ce congrès.

UMP

Bousculée par l’affaire Bygmalion et des dissensions ayant mis son existence en danger, l’UMP reste suspendue à la volonté de Nicolas Sarkozy de briguer sa présidence le 29 novembre. Décision attendue «fin août ou début septembre». «Faux suspense», tranche Xavier Bertrand, persuadé que Nicolas Sarkozy a déjà décidé d’en faire un tremplin vers 2017.

Favori des Français de droite, l’ex-chef de l’Etat devrait se heurter à François Fillon. L’ancien Premier ministre exposera ses ambitions le 27 août dans sa chère Sarthe. Ni lui, ni les deux autres membres du triumvirat à la tête de l’UMP - Alain Juppé, qui vient de se déclarer candidat à la primaire en vue de 2017 et qui talonne Nicolas Sarkozy chez les Français de droite, et Jean-Pierre Raffarin - ne brigueront la présidence du parti.

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Les candidats ont jusqu’au 30 septembre pour se déclarer. Jusqu’à présent, seuls l’ont fait Hervé Mariton et Bruno Le Maire qui multiplient les déplacements en France.

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FN

«Objectif 51», c’est ainsi que le Front national résume ses chantiers à venir: rien moins que construire une majorité de second tour (51%) pour sa présidente Marine Le Pen en 2017.

Celle-ci fait son discours de rentrée le 30 août à Brachay (Haute-Marne), village symbole d’une France «des oubliés» qui vote massivement pour elle. Une semaine plus tard, c’est l’université de jeunes FN dans la ville conquise de Fréjus (Var). Le Front espère - «c’est jouable» - glaner un siège au Sénat, «seule assemblée de la République où nous ne sommes pas». Il poursuit sa politique de «collectifs» pour s’organiser sur des terrains où on ne l’attend pas: jeunes cadres, monde de la mer, écologie…

UDI

Qui pour succéder au charismatique Jean-Louis Borloo qui avait créé l’UDI en 2012 et a jeté l’éponge pour raisons de santé? Quatre postulants - tous sont des hommes, députés, et maires - sont en lice. Verdict lors d’un congrès le 15 novembre, la formation centriste devant éviter l’écueil de l’éclatement et définir sa relation avec la grande soeur UMP.

MoDem

Université de rentrée du 19 au 21 septembre dans le Morbihan, à Guidel, pour la formation de François Bayrou, auréolé de sa conquête de Pau en mars. Son ambition? Imposer «une proposition politique nouvelle», celle du centre, transcendant «les clans».

NPA

Le NPA, actif dans les mobilisations pro palestiniennes, se réunit à Port-Leucate (Aude) du 24-27 août. Son éternel objectif: «fédérer le ras-le-bol», construire une action unie loin de la «pseudo-gauche». Il admet avoir perdu des militants «comme tous les partis», en revendique «entre 2.500 et 3.000» et lancera une nouvelle souscription.