VIDEOS. Primaires UMP: «Je me réjouis qu'il y ait plusieurs candidats», indique Karoutchi... «C'est la fin annoncée de l'UMP» selon le PS...

REACTIONS La classe politique réagit à l'annonce du maire de Bordeaux...

Thibaut Le Gal

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Alain Juppé le 8 juillet 2014 au siège de l'UMP à Paris
Alain Juppé le 8 juillet 2014 au siège de l'UMP à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

La droite scrutait le moindre indice d’un éventuel retour de Nicolas Sarkozy. La voilà bousculée par la candidature d’Alain Juppé à la primaire UMP pour la présidentielle de 2017.

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Le maire de Bordeaux (Gironde) est un adversaire de taille pour l’ancien chef de l’Etat. Même si le clan sarkozyste reste (pour l’instant?) beau joueur. «Comme j’ai toujours soutenu l’idée d’une primaire ouverte large, de manière à n’avoir qu’un seul candidat de la droite et du centre dès le premier tour en 2017, je me réjouis qu’il y ait plusieurs candidats de qualité. Alain Juppé est tout à fait légitime. Il a la compétence, il a l’expérience», a déclaré Roger Karoutchi au micro de BFM TV.

Attention toutefois de ne pas griller les étapes, prévient Hervé Mariton, candidat pour prendre la tête de l’UMP le 12 octobre prochain. «Il confirme les choses, cela a le mérite de la transparence. En même temps, je crois qu’il est important de respecter chacune des étapes. Nous avons d’abord l’élection à la présidence de l’UMP. Mettons d’abord le parti en ordre de marche […] et en son temps vient le choix des hommes. Ne faisons pas cela trop tôt.»


Mariton sur la candidature de Juppé: "il faut… par BFM TV

Parmi les candidats déjà déclarés pour la primaire de 2017, seul François Fillon a réagi. L’ancien Premier ministre «se félicite qu’il y ait d’autres candidatures. C’est la garantie d’une confrontation de qualité sur le fond et l’avenir de la France [et] une chance pour la droite et le centre de voir émerger et se confronter plusieurs projets politiques pour le redressement national», affirme son entourage.

Au centre, justement, François Bayrou a loué la personnalité du maire de Bordeaux sur Europe 1. «J’ai pour Alain Juppé beaucoup d’estime, c’est quelqu’un que je trouve solide, courageux, respectable, et avec qui j’ai une longue relation de confiance. C’est quelqu’un que je considère comme pouvant être un atout pour l’avenir du pays».

Mitigé à gauche

Le Parti socialiste s’est de son côté fendu d’un communiqué moqueur. «Alain Juppé précipite sa candidature de peur que Nicolas Sarkozy n’impose la sienne. Les dirigeants de la droite sont tous candidats directement à la prochaine élection présidentielle sans passer par la case UMP. Et Nicolas Sarkozy va être candidat à la présidence de l’UMP pour dissoudre celle-ci. C’est donc le trop-plein pour la présidentielle et la fin annoncée pour l’UMP».

 

Réaction plus mesurée pour l’ex-ministre socialiste Michèle Delaunay, qui avait battu Alain Juppé aux législatives en 2007 à Bordeaux: «C’était un moment favorable pour le faire étant donné l’état totalement catastrophique de l’UMP et l’attitude que je qualifierais presque d’enfantine de Nicolas Sarkozy qui régulièrement dit: "Vous savez je vais peut-être y aller".» «Il a une stature et une notoriété qui le rendent, en effet, non pas dangereux mais légitime, tout à fait crédible», a-t-elle déclaré sur France Bleu Gironde.