François Hollande ne tiendra pas «avec le seul soutien du Medef», tacle Marie-Noëlle Lienemann

POLITIQUE La sénatrice de l'aile gauche du PS est remontée...

20 Minutes avec AFP

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Marie-Noëlle Lieneman est une des animatrices du courant de gauche du PSLe courant de l'aile gauche du PS "Maintenant la gauche"
Marie-Noëlle Lieneman est une des animatrices du courant de gauche du PSLe courant de l'aile gauche du PS "Maintenant la gauche" — LANCELOT FREDERIC/CHAMUSSY/

Marie-Noëlle Lienemann, de l'aile gauche du PS, a jugé samedi que, face au risque de «décrochage» de l'opinion et de sa majorité, François Hollande ne pourrait «pas tenir avec le seul soutien du Medef».

Alors que le Premier ministre, Manuel Valls, a demandé la veille «des initiatives» en faveur de l'investissement européen, la sénatrice a tranché sur Europe 1: «L'investissement européen ne se débloquera pas à court terme».

Il faut «créer un rapport de forces. On ne peut pas continuer à faire en sorte que l'Allemagne décide toute seule, en fonction d'abord de ses propres intérêts». «Il faut desserrer l'étau des fameux 3%, qui sont une absurdité qui date de 20 ans», a-t-elle dit à propos du plafond de déficit public établi par l'UE.

«Maintenant, ça suffit»

«Nous sommes contributeurs nets à l'Union», «nous devons dire, comme l'a fait de Gaulle» et «Margaret Thatcher en son temps: "maintenant, ça suffit"», a poursuivi la responsable socialiste.

Selon elle, en effet, «si le décrochage avec le peuple devient massif, majeur et même au sein de sa majorité devient si devient de plus en plus important», le chef de l'Etat «ne va pas pouvoir durablement tenir avec la seule stratégie et le seul soutien du Medef».

Lienemann estime que si le PS n'organise pas de Congrès extraordinaire, mais lance des Etats généraux, «c'est que, manifestement, la direction du PS et le président ont peur du vote des militants».

«Ce que je voudrais, c'est que le PS, ses élus, ses militants votent», a-t-elle dit. «Je ne prends pas mes distances avec le Parti socialiste, c'est ceux qui refusent de donner la parole à ses militants et à ses cadres qui posent problème. Donc il n'y a pas de raison de quitter le PS».

«On peut leur demander maintenant un effort supplémentaire»

Les ministres Arnaud Montebourg et Benoît Hamon doivent venir écouter les mécontents à l'Université d'été de La Rochelle (29-31 août), «on sent qu'ils ont une préoccupation commune avec nous et une détermination à chercher une autre voie», a poursuivi Lienemann.

«On peut leur demander maintenant un effort supplémentaire. On peut pas être ministre de l'Economie, dire qu'on n'est pas d'accord avec les fondamentaux de l'économie et ne proposer comme seule solution» que de «déréguler des professions comme les notaires et autres», a-t-elle dit en visant Montebourg.