Manifestations propalestiniennes: Mélenchon se demande si le gouvernement n'agit pas «par calcul»

REACTION Le gouvernement a fait tellement de « maladresses » que ça ne peut être qu’exprès selon le co-président du Front de Gauche…

Fabrice Pouliquen

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Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche (PG), au musée Jaurès de Castres, le 24 avril 2014
Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche (PG), au musée Jaurès de Castres, le 24 avril 2014 — Eric Cabanis AFP

Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, soupçonne le gouvernement de «calcul» dans sa gestion des manifestations propalestiniennes, estimant que l’invocation du «risque d’antisémitisme» ne pouvait conduire à «accepter la violence» et «les crimes de guerre» à Gaza.

«Le gouvernement a fait tant de maladresses que je me dis que c’est un calcul. On se demande s’ils n’allument pas eux-mêmes un incendie et s’ils ne cherchent pas à provoquer en France une espèce de confrontation qui leur servirait», a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur RTL.

«Préparer une absurde montée en puissance du lepénisme»?

«Je me demande dans quelle mesure ce n’est pas leur façon à eux de préparer une absurde montée en puissance du lepénisme», a appuyé le co-président du Parti de Gauche, qui participera à la marche prévue mercredi à Paris et autorisée par les pouvoirs publics.

«Qui peut croire sérieusement qu’à part une poignée d’énergumènes, il y aurait en France dans la protestation contre l’agression de Gaza de l’antisémitisme? Ne changeons pas de sujet, ça n’est pas la question posée aujourd’hui», a estimé le co-président du Front de Gauche.

«Bien sûr qu’il y a toujours eu des antisémites en France et nous avons d’innombrables raisons d’être méfiants et vigilants mais il y a aussi une manière de tout ramener à cette question qui interdit le débat. On ne peut plus réfléchir, on n’a pas le droit de parler aussitôt que quelqu’un sort le rayon paralysant qui vous traite d’antisémite. Non, ce n’est pas bien. Et il ne faut pas, sous le prétexte du risque de l’antisémitisme, accepter la violence qui est commise et les crimes de guerre qui sont commis à Gaza», a-t-il conclu.