De la Russie à Gattaz en passant par Julie Gayet: Les confidences de François Hollande

POLITIQUE Le chef de l'Etat s'exprimait lundi soir devant la presse présidentielle...

M.P.

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Le président François Hollande au palais présidentiel d'Abidjan, le 17 juillet 2014, au premier jour de sa tournée africaine
Le président François Hollande au palais présidentiel d'Abidjan, le 17 juillet 2014, au premier jour de sa tournée africaine — Issoud Sanogo AFP

François Hollande a tenu une de ses promesses: répondre pour la deuxième année consécutive à l’invitation de la presse présidentielle lundi soir. Le ton était plus grave que l’année précédente, ont relevé Libération et les Echos. Il faut dire que l’actualité s’y prête.

Le chef de l’Etat s’est dit préoccupé par «l’état du pays» et les «forces obscures» qui «travaillent» la société française, ont rapporté les Echos. «Arriver à unir, à fédérer, c’est le rôle qui est le mien», a-t-il insisté. «Ce n’est pas l’interdiction qui a produit la violence. C’est parce qu’il y avait déjà eu des violences qu’il y a eu interdiction», a-t-il par ailleurs rappelé à propos des manifestations qui ont dégénéré à Sarcelles et Paris. «Tout le monde est parfaitement libre d’avoir un point de vue sur ce qui se passe au Proche-Orient, mais il n’y a aucune raison de s’en prendre à d’autres Français pour des causes qui n’ont rien à voir avec ce qui s’y passe», a-t-il encore développé.

Des baisses d’impôts «sensibles»

Sur le plan international, il est revenu sur la polémique autour de la vente de navires Mistral français à Moscou alors que la Russie soutient les séparatistes ukrainiens soupçonnés d’avoir abattu le vol MH17. Le premier Mistral doit être livré en octobre, et ce sera le cas car «les Russes ont payé.» Mais «est-ce que le reste du contrat pourra être honoré [en 2015]? Ça dépendra de l’attitude de la Russie. Je le dis très clairement», a-t-il asséné, faisant référence au dossier du crash de la Malaysia Airlines. Plus globalement, a-t-il assuré, «la France est en mouvement. La diplomatie française est l’une des plus actives au monde». Au Proche-Orient. En Afrique», a souligné le chef de l’Etat en réponse à une question d’une journaliste sur le manque de poids de la diplomatie française.

François Hollande est revenu sur le nouveau geste en matière fiscale pour les classes moyennes qu’il avait annoncé lors de son allocution du 14 juillet. Pour prendre quelques précautions, car il veut que ces baisses soient «sensibles» et qu’elles «se voient». Or, «il faut du temps pour que la baisse des impôts soit sensible. Deux-trois ans», avance-t-il, ajoutant: «C’est pour ça qu’on a raison de s’y prendre maintenant.»

Démenti d’un mariage avec Julie Gayet

François Hollande a également profité de l’occasion pour faire passer un message à Pierre Gattaz qui, lundi matin, s’alarmait de la «situation catastrophique» de l’économie française. Il y a un «problème de langage» et «ce langage doit changer», a lancé François Hollande. «Ce problème d’expression peut avoir des conséquences économiques. A un moment, il faut que le patronat pense à ses propres intérêts. Comment voulez-vous que les investisseurs investissent et que les consommateurs consomment?», explique-t-il.

Mais le chef de l’Etat est aussi revenu sur l’exercice du pouvoir. Il a dit savoir que «les gens n’y croient plus» parce que depuis des dizaines d’années, les promesses des politiques ne sont pas tenues. Le changement, il l’a promis mais «c’est lent, c’est long», et le mode de décision est «peu compatible avec l’urgence».

Enfin, François Hollande a dû de nouveau faire une incursion sur le terrain de sa vie personnelle pour répondre à une question sur la rumeur d’un éventuel mariage du chef de l’Etat et de Julie Gayet le 12 août prochain à l’occasion de son anniversaire. «J’ai une information à donner. Le 12 août, ce sera mon anniversaire. Vous pouvez me le souhaiter mais ce n’est pas la peine d’apporter d’autres cadeaux, présents ou dragées. Le 12 août, c’est mon anniversaire et rien d’autre», répond-il. Quant à ce qui agite l’opposition, «là n’attendez rien de moi». «Un président peut tout faire, sauf s’occuper de l’opposition. Et même la majorité, ce n’est pas toujours facile». Et sa réélection? «Je ne me pose pas la question. Il y a tellement à faire jusqu’en 2017.»