VIDEO. Violences à Sarcelles: «Les valeurs de la France sont menacées» pour le Président du Consistoire

POLITIQUE Les violences commises, dimanche à Sarcelles (Val d’Oise), ont donné lieu à de nombreuses réactions politiques ce lundi matin…

Vincent Vantighem

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Une cinquantaine de Grands rabbins, rabbins et présidents de communautés juives de régions, inquiets de l'absence persistante d'un Grand rabbin de France, demandent au président du Consistoire Joël Mergui d'en hâter l'élection.
Une cinquantaine de Grands rabbins, rabbins et présidents de communautés juives de régions, inquiets de l'absence persistante d'un Grand rabbin de France, demandent au président du Consistoire Joël Mergui d'en hâter l'élection. — Bertrand Langlois AFP

Unanimité pour condamner les violences qui ont émaillé une manifestation propalestinienne, dimanche à Sarcelles (Val d'Oise). Mais de nombreuses différences dans la façon de gérer la situation. 20 Minutes fait le tour des réactions politiques de ce lundi matin.

Manuel Valls, Premier ministre

Le Premier ministre, Manuel Valls, a estimé que «ce qui s’est passé à Sarcelles est intolérable» et que «rien ne peut justifier la violence» : «S’attaquer à une synagogue à une épicerie kasher, c’est tout simplement de l’antisémitisme, du racisme». Il a ajouté: «rien en France ne peut justifier la violence, rien ne peut justifier qu’on s’en prenne à des synagogues, à des épiceries, des magasins, des institutions juives».

 

Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est rendu lundi matin à Sarcelles (Val-d'Oise), théâtre de violences et de pillages dimanche, pour y dénoncer des «actes graves, intolérables» et des «violences antisémites».

>> A Lire: La réaction complète de Bernard Cazeneuve

«Quand on s'approche d'une synagogue, qu'on brûle une épicerie parce qu'elle est tenue par un Juif, on commet un acte antisémite. Les choses doivent être qualifiées», a-t-il déclaré devant la presse. 


«Ce n'est pas l'interdiction de la manifestation qui fait la violence, c'est la violence qui fait l'interdition de la manifestation», a souligné Bernard Cazeneuve lundi matin devant la synagogue deSarcelles, répétant «assumer» son choix de l'interdire.

François Pupponi, maire de Sarcelles

Sur BFM TV,  le maire PS de Sarcelles, François Pupponi, a estimé qu'«hier (…) ce sont une horde de sauvages, des gens qui ont décidé très jeunes de basculer dans un antisémitisme primaire et de l'exprimer à visage découvert, en plein jour, en s'attaquant à une synagogue».


Maire de Sarcelles: "une horde de sauvages" qui... par BFMTV

Parti radical de gauche

«Les provocateurs et les casseurs qui confondent religion et politique menacent la concorde nationale fondée sur le principe de laïcité», écrit le PRG dans un communiqué.

>> A Lire: Le communiqué complet du PRG

«La France, fidèle à ses valeurs universelles, est mobilisée pour aider les peuples palestiniens et israéliens à trouver les chemins de la paix contre les extrémistes de chaque bord», poursuit-il.

Joël Mergui, Président du Consistoire, organisme représentatif de la religion juive en France

«Que le jour du triste anniversaire de la Rafle du Vel’ d’Hiv, une manifestation pro-palestinienne interdite par les pouvoirs publics provoque la mémoire juive meurtrie, brûle des commerces casher et  tente de mettre le feu aux synagogues de Sarcelles et de Garges est un signe fort que les valeurs de la France sont menacées.»

«Il appartient à l’État de garantir la sécurité de tous ses citoyens, de faire respecter les Lois et de ramener le calme par tous les moyens à sa disposition. Les juifs français restent fidèles à la nation qui les a émancipé voilà plus de 200 ans et continueront d’œuvrer pour que la France reste toujours la France. J'appelle tous les leaders syndicaux, les élus et responsables politiques appelant aux manifestations, à tirer les leçons de leurs engagements et à prendre, devant l’histoire, leurs responsabilités devant l’ensemble de la population française.»

Jean-Christophe Cambadélis, premier Secrétaire du PS
«Certains veulent importer ce conflit en France, non pour dénoncer le conflit mais pour mettre en cause un peuple. Les exactions de Sarcelles ne sont pas tolérables. Elles font en plus porter la suspicion de violence sur tous ceux qui souhaitent un Etat palestinien. La violence, l’antisémitisme ou les stigmatisations racistes, islamophobes, n’ont pas leur place dans la République.»


«Le peuple français veut que les armes se taisent au Moyen-Orient. Assez de morts, de peuples terrorisés de chaque côté de la frontière. La paix maintenant vite! C’est une exigence là-bas, c’est une nécessité ici.»

Xavier Bertrand, député-maire (UMP) de Saint-Quentin
«Il n’y a pas seulement ces scènes quasi insurrectionnelles à Sarcelles. Il y a ce qui s’est passé pendant le week-end, la semaine dernière. Nous devons tous, républicains, réagir et savoir être solidaires parce que ceux qui font ça défient la France, défient la République», a déclaré Xavier Bertrand sur RTL.

>> A Lire: La réaction complète de Xavier Bertrand

«Je suis prêt à soutenir le gouvernement s’il est présent en permanence, s’il est efficace. Je me reconnais dans les propos tenus par Manuel Valls, d’une extrême fermeté, sur ce nouvel antisémitisme, sur cette façon dont nous devons surveiller sur les réseaux sociaux, la façon dont ces groupuscules qui s’en prennent à la France s’organisent pour agir.»

Florian Philippot, vice-président du FN
«Je pense que l’interdiction n’est pas du tout la solution. Je pense que c’était même la pire des solutions parce qu’interdire une manifestation, c’est évidemment inciter certains, les plus radicaux, à y aller non plus pour manifester une opinion politique par ailleurs tout à fait légitime mais pour défier l’Etat (…) Il n’y a rien de plus dramatique que de voir l’Etat français incapable de faire respecter ses propres interdictions», a réagi Florian Philippot sur France 2.

«C’est l’ordre républicain qui est défié et il est temps de mettre au pouvoir en France un pouvoir fort qui rétablisse l’ordre républicain, qui lutte contre le laxisme, le communautarisme, ce poison, l’immigration de masse parce que celui qui ne voit pas le lien…»

Luc Chatel, Secrétaire Général de l'UMP

«Les violences qui ont eu lieu en marge de la manifestation interdite à Paris, ou à Sarcelles, sont intolérables, injustifiables, incompréhensibles pour nos compatriotes. Intolérables, parce que l'ordre public n'est pas négociable sur le territoire national.»

>> A Lire: La réaction complète de Luc Chatel

«Pour l'UMP, ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui doivent être lourdement sanctionnés, ce sont tous ceux qui, en bravant l'interdiction de manifester, défient la République. Lorsqu'on défie la République, la République doit répondre avec la plus grande fermeté.»