VIDEOS. Entre Guigou et Moscovici, la bataille fait rage pour devenir commissaire européen

BRUXELLES François Hollande dira d’ici la fin du mois qui de Pierre Moscovici ou d’Elisabeth Guigou il enverra à Bruxelles...

M.B.

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L'ancienne ministre socialiste Elisabeth Guigou a fait état lundi de sa "disponibilité" pour la présidence de l'Assemblée nationale, tout en soulignant que le choix de la personnalité pour le perchoir devait procéder d'une décision collective du groupe PS.
L'ancienne ministre socialiste Elisabeth Guigou a fait état lundi de sa "disponibilité" pour la présidence de l'Assemblée nationale, tout en soulignant que le choix de la personnalité pour le perchoir devait procéder d'une décision collective du groupe PS. — Jean-Francois Monier afp.com

Elle veut encore y croire. Invitée vendredi dans la matinale de BFM TV, Elisabeth Guigou continue à manifester son «intérêt» et sa disponibilité» pour devenir commissaire européen. Et ce «tant que le président de la République ne s’est pas manifesté publiquement».


Commission européenne: "Je continue à… par BFMTV

Pourtant, la veille, une source proche de l’Elysée indiquait que le nom de Pierre Moscovici tenait la corde pour rejoindre la future équipe du nouveau patron de la Commission Jean-Claude Juncker disant qu'il était «prédésigné».

Intense lobbying

La France comme l’ensemble des membres de l’Union européenne ne peut envoyer qu’un seul représentant à Bruxelles. Résultat, depuis plusieurs semaines la présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et l’ancien ministre socialiste se livrent en coulisses, sur la scène française et européenne, à un intense lobbying pour rafler le précieux maroquin.

Pierre Moscovici, qui s’est vu confier par l’exécutif une mission parlementaire sur la «contribution des politiques européennes à la croissance et à l’emploi», après son départ du ministère des Finances, a affirmé à plusieurs reprises qu’il se préparait à la fonction, en se prévalant de la «confiance» du président Hollande. Il se verrait bien prendre le portefeuille des affaires économiques et monétaires de la Commission européenne, un poste clé pour faire respecter la rigueur budgétaire.

Mais cette idée n’est pas du goût de tous. Loin de là. D’abord chez les 20 eurodéputés UMP qui s’opposent à la candidature de Pierre Moscovici, accusé d’avoir «tué la compétitivité et la croissance» quand il était à Bercy. Cela constituerait «une aberration» et donnerait une «très mauvaise image de la France», écrit dans un communiqué l’eurodéputé Philippe Juvin, au nom de ses 19 autres collègues UMP.

Féminiser la Commission

De son côté, le très influent ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a émis ce vendredi de sérieux doutes sur l’opportunité d’attribuer à un Français le portefeuille des affaires économiques et monétaires de la Commission européenne. Même s’il ne visait pas la personne de Pierre Moscovici», son ancien homologue qu’il «estime beaucoup».

Autre atout en théorie dans la botte d’Elisabeth Guigou, Jean-Claude Juncker est fortement incité à féminiser la Commission pour éviter qu’elle soit largement constituée «d’hommes en gris». Il n’exclut pas de refuser des candidats masculins, au risque d’un bras de fer avec certains Etats.

L’ancienne ministre de Lionel Jospin, Elisabeth Guigou, a d'ailleurs confirmé son intérêt pour le poste de chef de la diplomatie, jusqu’ici occupée par la britannique Catherine Ashton, et qui est automatiquement vice-président de la Commission. Même François Hollande vient d’affirmer que le prochain chef de la diplomatie de l’UE devra être une femme et être de gauche. Sauf que le Premier ministre italien Matteo Renzi cherche à l’obtenir pour sa ministre des Affaires étrangères Federica Mogherini.

Une chose est sûre, le suspense touche à sa fin pour les deux socialistes français. François Hollande dira d’ici la fin du mois qui de Pierre Moscovici ou d’Elisabeth Guigou il enverra à Bruxelles.