Les ténors de l'UMP profitent de l'été pour placer leurs pions

POLITIQUE Les ténors du parti comptent sur l’été pour avancer leurs pions…

Anne-Laëtitia Béraud

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Logo de l'UMP
Logo de l'UMP — Kenzo Tribouillard AFP

Des vacances, oui mais pas trop. A l’UMP, les ténors du parti vont passer les quelques semaines estivales pour avancer leurs pions avant le grand congrès de l’automne, voire la primaire de 2016. Tour d’horizon des stratégies des uns et des autres à l’UMP…

Nicolas Sarkozy

Après un retour précipité devant les médias pour se défendre dans l’affaire des écoutes, l’ancien président s’accorde désormais une pause au Cap Nègre -officiellement pour se décider sur son avenir en politique-. Le retour dans le grand bain est prévu fin août-début septembre. Avec la case présidence de l’UMP à cocher, les 29 novembre et 6 décembre prochains. Bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy et ses soutiens, il est encore largement plébiscité par les adhérents du parti de droite. Et pendant l’été, quelques photos et micro-interventions ne sont jamais de trop pour se rappeler au bon souvenir des Français.



François Fillon

Pas de trêve estivale pour le membre du triumvirat à la tête de l’UMP, en concurrence directe avec Nicolas Sarkozy. L’ancien Premier ministre, qui vise 2017, a déjà lâché les petits cailloux de son programme qui sera «proposé à la rentrée». Ses propositions économiques «Le défi de la compétitivité» ont été dévoilées le 25 juin. L’homme, entouré de son équipe, reste dans le tempo avec des réunions et une activité numérique. Tout en se sauvant des «boules puantes» qui frappent actuellement à l’UMP: l’ancien Premier ministre a été visé pour ses déplacements en hélicoptère en 2006-2007, payés par l’UMP..

>> Notre diaporama «Petits meutres entre amis à l’UMP»

 

Alain Juppé

Chouchou des sondages de popularité, le maire de Bordeaux et membre du triumvirat à l’UMP dépasse tous ses concurrents selon le dernier baromètre Ipsos-Le Point, publié mardi. Depuis des mois, l’ancien Premier ministre trace son sillage, souhaitant inspirer calme et sérieux au milieu de la tempête UMP. Comment garder le cœur de ceux qui vous aiment? En leur témoignant votre chaleur, votre proximité. Et c’est avec la plume qu’Alain Juppé souhaite aux Français ce vendredi sur Facebook de bonnes vacances, en attendant une rentrée qui s’annonce furieuse.

 

Xavier Bertrand

A l’approche de la trêve estivale, le député-maire de Saint-Quentin (Aisne) s’est lancé dans une opération intensive dans les médias. L’ancien secrétaire général de l’UMP fait feu de tout bois: critique de Nicolas Sarkozy, du libéralisme économique de François Fillon, de l’état de l’UMP, des affaires… Son objectif, annoncé en septembre 2012, est et reste la primaire de 2016. Une primaire qui sera un «débat d’idées» selon lui. Et pour cela, l’ancien ministre du Travail plache sur un corpus idéologique, notamment sur la droite sociale.

>> Pourquoi l’été est-il le «bal des ambitieux» en politique, à lire ici

Laurent Wauquiez

Faire durer le suspense sur une probable candidature à la présidence de l’UMP, le 29 novembre. Voilà le nouvel objectif de Laurent Wauquiez en ce début d’été, après avoir lancé un «appel pour sauver la droite» (sans le centre) en juin, réenclenché la polémique sur l’«assistanat», ou encore repensé une Europe à six peu avant les européennes… Et comme pour nombre de ses concurrents, sa décision sera officialisée en septembre. «Je me prononcerai à la rentrée sur ce sujet et je n’exclus rien. (…) Être trop pressé n’est jamais une bonne chose en politique», a déclaré le député de Haute-Loire dans un entretien au Figaro le 16 juillet. Se prononcerait-il en fonction de la décision de Nicolas Sarkozy? «Non, je me prononcerai en fonction de mes convictions et de ce que je pense nécessaire pour notre famille politique», explique-t-il dans cet entretien.

 

Bruno Le Maire

Candidat déclaré à la présidence de l’UMP (tout comme Hervé Mariton), l’ancien ministre bat la campagne pour promouvoir sa candidature. Rencontres de terrain, activité intense sur les réseaux sociaux, maillage des soutiens et des élus, le quinqua avale les kilomètres et les propositions médias. Bruno Le Maire a appris de son échec de septembre 2012, quand il a échoué à présenter le nombre de parrainages nécessaires pour se présenter à la présidence de l’UMP. L’été sera mis à profit pour essayer de prendre de court ses concurrents à l’UMP.

Christian Estrosi

Le député-maire de Nice veut, lui, prendre son envol dans la perspective de la primaire de 2016. Et pour faire face à la concurrence, il lui faut frapper fort. Après s’en être pris à la gestion de l’ex-président UMP Jean-François Copé, il a pris ses distances avec François Fillon et Nicolas Sarkozy, alignant les phrases choc dans une interview au Parisien, le 7 juillet. L’UMP est, selon lui, «un parti qui est déjà mort, un parti qui ne distribue plus que des investitures et ne produit plus d’idées nouvelles». Et menace de quitter ce parti «bourgeois et élitiste» s’il ne se réforme pas. La liberté, l’indépendance sont devenues les leitmotivs de l’élu. Et même en vacances, l’élu prend soin de montrer qu’il est au service de tous les citoyens…