VIDEOS. Droit de vote des étrangers: Le Maire pilonne François Hollande

POLÉMIQUES Pour l’ancien ministre, le chef de l’Etat attise l’extrême droite…

M.B.

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Bruno Le Maire à la sortie du bureau politique de l'UMP le 10 juin 2014 à Paris
Bruno Le Maire à la sortie du bureau politique de l'UMP le 10 juin 2014 à Paris — Eric Feferberg AFP

Bruno Le Maire est furax. L’objet de son courroux? L’espoir qu’a François Hollande de faire adopter en 2016 des réformes constitutionnelles, dont le droit de vote des étrangers aux élections locales.

C’est ce que le chef de l’Etat a précisé lundi lors de la traditionnelle interview du 14 juillet après avoir indiqué en mai dernier qu’il envisageait de le reproposer d’ici 2017. Un dossier ultrasensible, qui figure parmi les 60 engagements de la campagne présidentielle de 2012 et auquel une majorité de Français étaient favorables en 2013. Mais la partie ne sera pas facile dans la mesure où cela nécessite une réforme de la Constitution avec l’assentiment d’au moins trois cinquième des parlementaires.

«Dernier clou sur le cercueil de la nation»

Le locataire de l’Elysée, fidèle a son optimisme, «ne renonce pas» à construire des majorités avec une partie de l’opposition d’ici là pour arriver à ses fins. La tâche s’annonce titanesque à l’image de la réaction de Bruno Le Maire. Mardi, le candidat à la présidence de l’UMP cet automne a qualifié «d’irresponsable», de «dangereuse» l’instauration du droit de vote des étrangers, mesure qu’il qualifie de «dernier clou sur le cercueil de la nation».

Invité sur BFM TV jeudi, il en a remis une couche. «Il [François Hollande] ressort de son sac à malices le droit de vote des étrangers aux élections locales. C’est une faute contre la Nation. Car dans la Nation française, vous ne pouvez pas dissocier la nationalité du droit de vote… sinon vous allez vers le communautarisme». Un discours qu’il tenait déjà en 2011 en tant que responsable du projet de l’UMP pour la présidentielle.


Bruno Le Maire: "je reproche à François… par BFMTV

«Faire monter le Front national»

Pour muscler sa démonstration, Bruno Le Maire a rappelé ce matin que Manuel n’était pas emballé par la question. Fin 2012, l’ancien ministre de l’Intérieur, et désormais chef du gouvernement, jugeait au Monde que ce n’était ni une «revendication forte dans la société française», ni un «élément puissant d’intégration».

Mais la liste des récriminations de Bruno Le Maire ne s’arrête pas là. Il est aussi vent debout contre l’idée du chef de l’Etat de toucher au mode de scrutin. «On l’a entendu nous parler également d’un scrutin proportionnel. Je me dis que la dernière planche de salut trouvée par François Hollande est de faire monter le Front national pour garantir sa réélection».

Conclusion de l’ancien ministre de l’Agriculture de Nicolas Sarkozy: «Le président de la République est en situation d’échec général sur tous les sujets qui intéressent les Français, la croissance, le chômage… La seule manière qu’il ait trouvée de sauver son quinquennat c’est de faire monter le Front national».