UMP: Xavier Bertrand flingue l'UMP et Sarkozy

POLITIQUE Il faut tout revoir dans le parti qu'il a géré entre 2008 et 2010...

M.P.

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Le député UMP Xavier Bertrand le 10 avril 2014 dans son bureau de l'Assemblée nationale.
Le député UMP Xavier Bertrand le 10 avril 2014 dans son bureau de l'Assemblée nationale. — B. Bisson/JDD/SIPA

Challenger de la future primaire de l’UMP, Xavier Bertrand creuse son sillon de réformateur, qui veut la rupture... avec Nicolas Sarkozy. «L’élection d’un nouveau président de l’UMP, quel qu’il soit, ne suffit pas. Si l’on veut que les Français nous fassent à nouveau confiance, il faut un électrochoc. Douze ans après la création de l’UMP, nous avons besoin d’un congrès fondateur ou refondateur», lâche le député-maire de Saint-Quantin (Aisne) dans une interview au vitriol dans Libération.

Et l'ex-secrétaire général de l'UMP (2008-2010) d’égrainer la liste de ce qu’il faut revoir: «Notre mouvement est trop parisien, trop vertical, pas assez démocratique. Je souhaite un mouvement décentralisé, qui s’approprie les réseaux sociaux, qui en finit avec les parachutages et les décisions imposées d’en haut. Avec des primaires partout et des adhérents qui retrouvent le pouvoir.» Celui qui se définit désormais comme «séguiniste», estime que la droite «n’a aucune chance de réformer si ce n’est pas dans la justice».

Il veut baisser le plafond de dépense de la présidentielle

Et encore une fois, Xavier Bertrand se place en opposition frontale avec Nicolas Sarkozy en estimant qu’il faudrait «baisser, symboliquement» le plafond de dépense pour la campagne présidentielle (19,8 millions d'euros en 2012, Ndlr). Après l'invalidation des comptes de campagne et l'affaire Bygmalion, l’entourage de Jean-François Copé et de Nicolas Sarkozy avaient estimé que ce plafond méritait d’être rehaussé car il n’était plus adapté. «Il faudrait au contraire le baisser, symboliquement, pour arrêter cette course au fric», tacle-t-il.

«Arrêter de faire croire que plus on dépense, plus on a de chances d’être élu» et qu’«une estrade plus grande, deux fois plus de drapeaux, cela ne fait pas une élection», lâche encore l’ex-ministre de la Santé qui n’a lui, aucune intention d’arrêter sa tournée médiatique pour se construire en homme politique modeste, en contrepoint à Nicolas Sarkozy. Un peu comme Hollande en 2010 lorsqu'il prévoyait son opposition au favori DSK et à Nicolas Sarkozy en forgeant son image de «candidat normal».