VIDEO. Dette de l’UMP: Fuites et règlements de comptes entre amis

POLITIQUE Alors que l’UMP a présenté ce mardi les conclusions de l’audit sur ses finances, les cadres incriminés pour leurs frais prétendument payés par le parti crient au scandale…

Anissa Boumediene

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Montage photo de Rachida Dati et François Fillon.
Montage photo de Rachida Dati et François Fillon. — J-F.MONIER B.LANGLOIS / AFP

«Ce ne sont pas des fuites, ce sont des boules puantes. Je n’en peux plus, c’est insupportable». Interrogé sur les multiples échos de la presse autour des finances de l’UMP, le secrétaire général du parti Luc Chatel n’a pu retenir son exaspération, s’en prenant à «ceux qui veulent déstabiliser l’UMP».

Le bureau politique du parti était convoqué ce mardi pour assister à la présentation des chiffres très attendus de l’audit sur les finances de l’UMP, certains donnant déjà le parti pour «mort».

Une réduction drastique des frais

L’audit révèle que l’UMP, endettée de près de 80 millions d’euros, devrait pouvoir fonctionner jusqu’en 2017. Condition sine qua non pour y parvenir: la forte réduction des frais de fonctionnement du parti dont on ignore à ce jour s’il aura les moyens financiers de survivre après la présidentielle de 2017, selon les résultats de l’audit du parti dévoilés mardi.

«L’UMP va devoir maîtriser ses dépenses de fonctionnement, a déclaré Alain Juppé sur sa page Facebook. L’hypothèse retenue est une baisse de 20 % par rapport à 2013 sur la dépense de personnels et de fonctionnement». Le secrétaire général intérimaire de l’UMP, Luc Chatel, a préconisé mercredi «d’aller plus loin» dans le plan d’économie nécessaire à la survie de son parti, visant tout particulièrement les «frais de fonctionnement […], notamment en matière d’organisation du siège».

Des fuites organisées par la droite?

24.000 euros de billets d’avions payés à Nadia Copé, 8.500 euros de salaire versés à Geoffroy Didier pour son rôle de collaborateur de Brice Hortefeux ou encore les 10.000 euros de factures téléphoniques que le parti aurait réglé pour Rachida Dati, les chiffres révélés au cours des derniers jours témoignent de la gabegie qui régnait à l’UMP.

Furieuse d’avoir été épinglée par Le Canard enchaîné, Rachida Dati crie au complot et sort les griffes. Pour l’eurodéputée et maire du 7e arrondissement de la capitale, toutes les fuites des derniers jours sur les frais de certains cadres de l’UMP seraient l’œuvre de ses collègues anti-sarkozystes, François Fillon en tête. Sur son compte Twitter, Dati se lâche sur l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy et invite le triumvirat à faire preuve de plus de transparence.

Sur sa page Facebook, Jean-François Copé s’émeut de ce «déferlement d’attaques qu'[’il] n’aurai [t] jamais imaginé au sein de [sa] famille politique», parlant de «règlements de compte personnels [qui] rendent l’UMP inaudible depuis des semaines».


Règlements de compte à l'UMP par 20Minutes

Le triumvirat appelle au rassemblement

Balayant ces accusations du revers de la main, Alain Juppé, l’un des membres du triumvirat qui dirige l’UMP, appelle son parti au rassemblement. «Il y en a assez de ces accusations, de ces allégations, de ces fuites permanentes. J’ai senti une exaspération face à ce genre de comportements. Si l’UMP n’est pas capable de se rassembler pour travailler en commun alors les questions financières sont secondaires», a-t-il publié sur sa page Facebook.

Un avis partagé par son collègue Jean-Pierre Raffarin, qui jugeait ce mardi la mission qu’il mène pour l’UMP aux côtés d’Alain Juppé et François Fillon «à haut risque tant les sujets sont graves et les rivalités violentes.»

Au cours de la présentation des conclusions de l’audit devant la presse, Alain Juppé a fait état d’une dette qui s’élèverait en juin à 74,5 millions d’euros. Des chiffres qu’on ne retrouve pas dans les conclusions de l’audit, qui, entre les frais liés à l’acquisition du siège du parti rue de Vaugirard à Paris, et le financement des pertes sur les exercices antérieurs, évoquent une dette de 79,1 millions d’euros à la fin 2013. Un trou dû «en grande partie aux dépenses importantes réalisées en 2012 pendant l’élection présidentielle», a noté Alain Juppé.