UMP: Tout comprendre sur l’audit financier dévoilé ce mardi après-midi

POLITIQUE Affaire Bygmalion, dette abyssale: le parti est plus que jamais menacé selon ses propres membres…

Vincent Vantighem

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Photo d'archives de caméras et appareils photos disposés devant le siège du parti UMP, rue de Vaugirard dans le 15e arrondissement de Paris, le 26 mai 2014
Photo d'archives de caméras et appareils photos disposés devant le siège du parti UMP, rue de Vaugirard dans le 15e arrondissement de Paris, le 26 mai 2014 — Thomas Samson AFP

Chaque jour semble apporter son lot de mauvaises nouvelles pour l’UMP. En proie à des ennuis judiciaires récurrents, le parti dirigé temporairement par Luc Chatel doit dévoiler ce mardi les résultats d’un audit financier. Avant sa publication, 20 Minutes fait le point sur la situation…

Que peut-on attendre des résultats de cet audit?
Réalisé par le cabinet Advolis, l’audit est censé donner «une photographie» pour «savoir où en est la boutique», résume-t-on au siège du parti. Il s’agit surtout de savoir à quel niveau se situe la dette du parti. D’après des documents que l’Agence France Presse a pu consulter, elle serait de 76 millions d’euros à la fin de l’année 2013 contre 96 millions un an auparavant. Un rendez-vous avec les banques est d’ailleurs prévu aujourd’hui afin de faire le point sur la situation.

Cet audit peut-il fragiliser un peu plus le parti?
C’est évident. Le Journal du dimanche n’a pas hésité à remettre deux sous dans la machine en dévoilant que le parti avait financé des billets d’avion pour Nadia Copé, l’épouse de l’ancien secrétaire général du parti. Les «copéistes» y ont vu lundi un coup des «fillonnistes» qui démentent catégoriquement.

L’affaire Bygmalion est-elle concernée par cet audit?
Bien sûr. D’ailleurs, les fillonnistes sont déjà montés au créneau à ce propos, estimant que le vrai scandale de la gestion Copé se trouvait dans cette affaire. D’après les documents, la ligne «propagande et communication» de l’année électorale 2012 affiche à elle seule 33,329 millions d’euros. Il s’agit de l’année où l’UMP aurait pris en charge des dépenses de campagne, notamment des meetings, du candidat Nicolas Sarkozy, selon les affirmations de la société Bygmalion et de l’ex-directeur adjoint de campagne, Jérôme Lavrilleux (10 à 11 millions selon Bygmalion).

>> Décryptage: Les zones d’ombre de l’affaire Bygmalion

A noter que le plafond autorisé pour la présidentielle était de 22 millions. Avec 33 millions, le parti de Nicolas Sarkozy aurait donc bien dépassé le montant de près de 11 millions d’euros.

Le parti peut-il mourir?
Difficile à dire. D’un côté, il y a les optimistes tels le fillonniste Eric Ciotti qui se dit persuadé qu’avec une bonne gestion, «tout doit pouvoir se régler». De l’autre, Christian Estrosi, député maire de Nice, pense, lui, que le parti est «déjà mort car il ne produit plus d’idées nouvelles.»

>> Médias: La Contre-attaque de Nicolas Sarkozy

L’ancien président Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière, au lendemain d’une garde à vue de 15 heures et d’une mise en examen notamment pour «corruption active», qu’il dirait «fin août début septembre» s’il revenait ou pas en politique.