Polémique sur les liens du maire écolo de Grenoble avec une société de services financiers

POLITIQUE Cette société dont Eric Piolle est actionnaire à moins de 0,5% a des clients basés dans des paradis fiscaux…

20 Minutes avec AFP

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Eric Piolle, le candidat EELV à Grenoble, s'exprime au téléphone le 30 mars 2014
Eric Piolle, le candidat EELV à Grenoble, s'exprime au téléphone le 30 mars 2014 — Jean-Pierre Clatot AFP

Le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle est au centre ce lundi d'une polémique alimentée par l'opposition locale à propos de ses liens avec une société dévolue à la gestion des risques financiers, dont des clients sont basés dans des paradis fiscaux.

Dans un document diffusé à la presse, la fédération UMP de l'Isère dénonce les pratiques de la société Raise Partner qui permet aux professionnels de la finance d'évaluer les risques liés à leur stratégie d'investissement. Eric Piolle en est administrateur et actionnaire très minoritaire (- de 0,5%).

«J’assume totalement»

L'UMP souligne les liens commerciaux de l'entreprise avec des clients basés à Londres, Singapour mais surtout l'île de Guernesey et les îles Caïmans, considérés comme des paradis fiscaux. Rappelant qu'un des engagements d’Eric Piolle lors de sa campagne municipale victorieuse en mars était de «boycotter les banques qui pratiquent les paradis fiscaux», elle fustige «un mensonge» et «une véritable imposture».

«Je n'ai aucun souci avec ça. J'assume totalement», rétorque Eric Piolle qui a exclu auprès de l'AFP envisager une quelconque cession de titres de cette entreprise dont il fut l'un des co-fondateurs en 2001 et dans laquelle travaille son épouse.

Raise Partner a été créé «pour introduire de la régulation dans des opérations financières», affirme l'élu. Il assume «d'avoir participé à la création d'une société dont les objectifs sont en continuité avec (ses) engagements: travailler au coeur du système sans en être prisonnier». Il précise aussi que l'entreprise n'a jamais versé de dividendes.

«Décalage entre les activités privées et le discours public»

«La régulation financière, ça ne passe pas par les îles Caïmans», ironise le conseiller municipal (UMP), Matthieu Chamussy, candidat à la mairie en mars. «Il n'y a rien d'illégal mais ce qui est choquant, c'est le décalage entre les activités privées et le discours public.»

Celui-ci estime que Raise Partner fait avant tout de l'optimisation fiscale qui nuit in fine aux intérêts du contribuable: «il y a à l'évidence une contradiction, Eric Piolle devrait interroger sa conscience».

Candidat malheureux lui aussi à l'élection municipale et conseiller municipal (PS) d'opposition, Jérôme Safar dit ressentir «un vrai malaise» après la publication de ces informations. «Il y a eu tromperie sur la marchandise. Il existe un décalage entre son discours et la réalité», juge Jérôme Safar qui appelle l'édile à s'expliquer «sereinement».