Qui peut redresser la barre à l’UMP ?

POLITIQUE Pour redorer son blason, l’UMP a le choix entre les pontes historiques du parti et la nouvelle garde des quadras…

Anissa Boumediene
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François Baroin et Alain Juppé.
François Baroin et Alain Juppé. — ALFRED/WITT/SIPA

Entre les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy et la dette de 80 millions d’euros laissée par la présidence Copé, l’UMP est en mal de leadership. Malgré ses casseroles, l’ancien chef de l’Etat croit encore en ses chances de ravir la tête du parti. Un espoir qui pourrait être douché par les derniers chiffres du sondage BVA pour I > Télé et Le Parisien-Aujourd’hui en France, qui révèlent que deux Français sur trois ne veulent pas d’un retour en politique de l’ex-président de la République.

Plombé par les scandales et des comptes dans le rouge, l’UMP aurait le choix entre les jeunes quadras du parti et les patriarches du triumvirat pour se refaire une santé.

François Baroin, le nouvel homme fort de l’UMP?

Selon un sondage Ifop pour le JDD, c’est François Baroin qui incarne aujourd’hui le mieux le renouveau de l’UMP, avec 23 % d’adhésion. Un vote de confiance dont le chiraquien ferait a priori peu de cas. L’ancien ministre de l’Economie et des Finances de Sarkozy briguerait bien une présidence, mais pas celle de l’UMP. Il préfère tisser une toile territoriale en prenant la tête de l’Association des maires de France.

Une nouvelle garde entre fidélité et hostilité à Sarkozy

L’ancien ministre est talonné par Bruno Le Maire, que 16 % des Français imaginent en mesure de redorer l’image bien écornée de l’UMP. Le député et candidat à la présidence de l’UMP aimerait bien que l’affaire Bygmalion marque un coup d’arrêt définitif au retour de l’ancien président de la République sur la scène politique française. «On est toujours responsable de la campagne que l’on mène», a-t-il taclé sur RTL, estimant qu’«un candidat ne peut pas ignorer l’état de ses comptes de campagne». «Il peut gagner contre Sarkozy» dans la course à la tête de l’UMP, assure un filloniste.

Vient ensuite Nathalie Kosciusko-Morizet (15 %), qui, après son échec aux municipales parisiennes, attend que Nicolas Sarkozy dévoile son jeu avant d’avancer ses pions. S’il ravissait la présidence de l’UMP, l’ancien chef de l’Etat pourrait placer son ancienne ministre de l’Ecologie à la vice-présidence du parti. Mais NKM n’exclut pas de participer à la primaire pour 2017.

Les anciens ne font pas recette

Depuis la démission de Jean-François Copé de la présidence de l’UMP, la direction est assurée par un trio d’anciens Premiers ministres: Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin. S’ils n’excluent pas de se présenter à la primaire en vue de la présidentielle de 2017, le maire de Bordeaux et l’ancien locataire de Matignon sous Sarkozy restent derrière le président sortant.

Selon le sondage IFOP pour le JDD, l’ex-président de la République est indéboulonnable dans le cœur des sympathisants UMP, qui le placent en tête dans leurs souhaits de candidature à la présidence du parti (68 %) et la prochaine présidentielle (78 %), loin devant les actuels codirigeants de l’UMP.

Il faudra attendre la rentrée pour que les derniers candidats à la présidence de l’UMP, dont Nicolas Sarkozy devrait faire partie, se déclarent.