UMP: 80 millions d’euros de dettes dont 24 000 euros de billets d’avion pour Nadia Copé

UMP Selon un audit qui devrait être rendu ce mardi, la dette de l’UMP aurait explosé sous la présidence de Jean-François Copé pour atteindre 80 millions d’euros…

Anissa Boumediene

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Jean-François Copé et son épouse Nadia, aux côtés de Jérôme Lavrilleux, en mars 2014 devant le siège de l'UMP à Paris.
Jean-François Copé et son épouse Nadia, aux côtés de Jérôme Lavrilleux, en mars 2014 devant le siège de l'UMP à Paris. — WITT/SIPA

Pour la deuxième année consécutive, l’UMP ne pourra pas régler ses échéances bancaires. En cause, la dette du parti, qui culminerait à près de 80 millions d’euros. Pour ne pas mettre la clé sous la porte, l’UMP a conclu un nouvel emprunt.

L’ UMP aurait payé 24.000 euros de billets d’avion à Nadia Copé

Pour déterminer avec précision le montant de la dette du parti, les auditeurs ont épluché la comptabilité du parti. Ils ont ainsi découvert que celui qui présidait l’UMP jusqu’au 15 juin aurait un peu chargé la barque. Ainsi, selon le Journal du Dimanche, Jean-François Copé aurait coûté 27 000 euros à son parti rien qu’en billets d’avion. Mais ce n’est pas tout. Nadia Copé, son épouse, se serait également fait payer 24.000 euros de billets par l’UMP, une largesse dont Jérôme Lavrilleux se serait occupé, toujours selon le journal.

Des salaires astronomiques

Les auditeurs ont également découvert que certains cadres du parti seraient particulièrement bien payés. Geoffroy Didier perçoit 8.500 euros bruts pour son rôle de «collaborateur» de Brice Hortefeux. Eric Cesari, directeur général de l’UMP, gagne quant à lui 12.500 euros bruts chaque mois.

Après une phase de grandeur et décadence, le parti aurait décidé de se serrer la ceinture en taillant dans sa masse salariale, passée de 147 à 97 salariés. Et on sait déjà qui seront les trois prochains à faire leurs cartons. Luc Chatel, le secrétaire général du parti, devrait signifier ce lundi leur licenciement à Fabienne Liadzé, Eric Cesari et Pierre Chassat, soupçonnés d’avoir signé les fausses factures payées par l’UMP à Bygmalion.

Une présidentielle qui coûte cher

C’est à partir de la campagne du candidat Sarkozy que les comptes de l’UMP auraient sérieusement plongé. A tel point qu’au début de l’été 2012, la Société Générale est venue à la rescousse de l’UMP en lui prêtant 55 millions d’euros. Un prêt remboursé à hauteur de 11 millions d’euros dès la première année. Reste donc aujourd’hui une dette de 44 millions d’euros, auxquels s’ajoutent les 3 millions d’euros du prêt consenti par le groupe UMP de l’Assemblée nationale une fois la campagne présidentielle terminée.

Autre présidence au coût élevé: celle du parti. L’arbitrage du match Copé-Fillon pour la tête de l’UMP aurait coûté un million d’euros.

Une dette plombée par l’achat du siège de l’UMP

La dette nette du parti est également plombée de 28 millions d’euros, correspondant à l’emprunt souscrit par la SCI «238 Vaugirard», la société mise en place par l’UMP pour l’acquisition de son siège. Las de payer un loyer annuel de 4 millions d’euros pour un immeuble situé rue de la Boétie, dans le très chic VIIIe arrondissement de la capitale, le parti avait voulu devenir propriétaire, jetant son dévolu en 2010 sur ancien garage Renault de 5500m2, réaménagé en bureaux sur dix étages. Coût total de l’opération: 21 millions d’euros pour le garage, plus 19 millions d’euros de travaux, pour une facture globale de 40 millions d’euros.

A l’automne 2013, les auditeurs auraient évalué la dette totale de l’UMP à 78,7 millions d’euros.