La démonstration de force des sarkozystes à la Fête de la Violette

DROITE Les ténors de la Droite forte étaient rassemblés ce samedi autour de nombreux militants au rythme des «Nicolas, Nicolas!»...

20 Minutes avec AFP
Les représentants de la Droite forte réunis pour la Fête de la Violette à La Ferté-Imbault le 5 juillet 2014.
Les représentants de la Droite forte réunis pour la Fête de la Violette à La Ferté-Imbault le 5 juillet 2014. — GUILLAUME SOUVANT / AFP

Afficher l'unité pour faire oublier les soucis. Les sarkozystes ont fait une démonstration de force ce samedi lors de la Fête de la Violette, en Sologne, quatre jours auprès la triple mise en examen de leur champion dont ils espèrent le «retour rapide» pour redresser l'UMP.

Plus de 2.500 personnes, qui ont scandé le prénom de Nicolas Sarkozy à de multiples reprises, se sont rassemblés à La Ferté-Imbault (Loir-et-Cher), pour la deuxième année consécutive, à l'appel de la Droite forte, principal courant de l'UMP.

Carla Bruni et chouquettes

Flonflons, déjeuner champêtre, chansons de Carla Bruni, et même dégustation de chouquettes, les gâteaux préférés de l'ancien président: l'ambiance était conviviale pour ces sarkozystes enthousiastes, arborant sur leurs vestes ou leurs T-shirts un autocollant à son effigie, proclamant «Nicolas Sarkozy, notre président». «Il n'y a que lui» pour prendre la présidence de l'UMP, lors du congrès prévu le 29 novembre, ont assuré nombre d'entre eux à l'AFP.

Autant ils ont acclamé le nom de Nicolas Sarkozy, interrompant bruyamment les orateurs qui se succédaient à la tribune - Luc Chatel, secrétaire général de l'UMP, Geoffroy Didier et Guillaume Peltier, les deux fondateurs de la Droite forte, Rachida Dati et Brice Hortefeux, «le meilleur ami» de Sarkozy, dixit Didier - autant ont-ils hué ceux de François Hollande, de Manuel Valls et Christiane Taubira.

Copé applaudi à tout rompre

Idem pour le Syndicat de la magistrature, dont une des membres vient, avec une autre magistrate, de mettre en examen Nicolas Sarkozy pour corruption, trafic d'influence actif et violation du secret de l'instruction.

>> Notre interview à (re)lire: «Nous n'avons rien contre Nicolas Sarkozy!»

«Ah, les affaires! Comme elles sont commodes, comme elles sont utiles, comme elles sont les bienvenues pour tenter de faire reculer, d'empêcher, de dissuader », s'est exclamé Brice Hortefeux, ancien ministre et président de l'Association Les amis de Nicolas Sarkozy. «Ne vous laissez pas abuser, il n'y a pas d'affaires. Il y a des épisodes que le pouvoir aimerait faire durer le plus longtemps possible, presque autant que le feuilleton "Les feux de l'amour" et en tout cas jusqu'en 2017», a-t-il soutenu.

Aucune allusion dans son discours ni dans les autres à l'affaire Bygmalion, qui chamboule l'UMP et a forcé à la démission l'ancien président Jean-François Copé. Ce dernier a été d'ailleurs applaudi à tout rompre et pendant de longues minutes quand Geoffroy Didier a cité son nom.

«Quoi, Bygmalion?»

«Quoi, Bygmalion?», s'énervaient plusieurs participants à l'évocation d'une affaire qui serait «celle des comptes de campagne» de Nicolas Sarkozy, selon Patrick Maisonneuve, avocat de cette société de communication. «On veut salir Nicolas Sarkozy, il n'a rien à voir avec tout ça», affirme un quinquagénaire, salarié d'un «grand groupe industriel», qui en «a plus qu'assez de la politique des socialistes qui vont conduire les Français à bientôt se révolter».

Bien que faisant parti du courant «France moderne et humaniste» de l'UMP, et tenu «à une grande neutralité en tant que secrétaire général» du parti, a-t-il affirmé à l'AFP, Luc Chatel avait tenu à être présent pour appeler les différentes sensibilités de l'UMP à se «serrer les coudes» face aux «épreuves». Il faut «redire notre amitié à celui qui a défendu nos couleurs par deux fois à l'élection présidentielle», a-t-il lancé à la foule qui continuait de scander «Nicolas, Nicolas», en tapant du pied.

Hors de la grande tente où se tenaient orateurs et participants, des centaines et des centaines de militants avaient déjà apposé leur signature sur un «mur de soutien» à l'ancien président, en fait une grande banderole portant les mots «Nicolas Sarkozy, on a besoin de vous».