Contreparties: «La balle est dans le camp» du patronat, prévient Manuel Valls

POLITIQUE Depuis le début, le patronat renacle à s'engager sur des contreparies précises au pacte de responsabilité...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Manuel Valls à Gasny le 27 juin 2014
Le Premier ministre Manuel Valls à Gasny le 27 juin 2014 — Dominique Faget AFP

La «balle est dans le camp» du patronat concernant les contreparties au pacte de responsabilité attendues par le gouvernement, a estimé jeudi Manuel Valls, après des critiques des syndicats sur le report partiel du compte pénibilité.

«Maintenant, je dis aux organisations patronales (...) la balle est dans votre camp. Plus de postures, engagez-vous et respectez votre parole», a déclaré le Premier ministre lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat.

Dans des lettres adressées aux organisations syndicales et patronales mercredi, le chef du gouvernement avait dit aux partenaires sociaux que les baisses de cotisations et d'impôts décidées dans le cadre du pacte de responsabilité ne seraient effectives en 2016 et 2017 qu'après un «bilan» du respect par le patronat de ses «engagements» pris en mars.

Un sujet épineux

La question des «contreparties» au pacte de responsabilité du gouvernement qui réduit de 40 milliards les coûts sociaux et fiscaux des entreprises s'annonce comme un des sujets difficiles de la conférence sociale lundi et mardi. Le pacte de responsabilité lui-même est également critiqué par plusieurs syndicats.

Le Premier ministre s'est également employé à répondre aux «interrogations» des syndicats après ses annonces dans une interview aux Echos à propos du compte pénibilité, mais aussi de possibles changements du Code du travail et de l'ouverture d'un débat sur les seuils sociaux des effectifs des entreprises.

«Je sais très bien ce que la France doit à leur engagement pour la réforme ces deux dernières années», lors desquelles «beaucoup d'accords ont été signés», a dit Manuel Valls, qui s'était notamment attiré les critiques de la CFDT réformiste.

«Ne nous focalisons pas sur les mots»

«N'ayons pas peur de mettre ensemble des projets sur la table, même s'ils sont difficiles», a suggéré le Premier ministre, interrogé par le sénateur socialiste Jean-Pierre Caffet. «Ne nous focalisons pas sur les mots: parler des seuils, dans mon esprit, c'est parler de simplification. Mais c'est aussi chercher des moyens de donner à tous les salariés une représentation dans laquelle ils se reconnaissent», a suggéré Manuel Valls.

« Le dialogue social est plus qu'une méthode, c'est une condition de la réussite des réformes », a également dit M. Valls, assurant que le « choix du dialogue social n'est pas un choix de circonstance », alors que le secrétaire général de FO l'a accusé de « diktat social »