Garde à vue de Nicolas Sarkozy: Réactions de la classe politique

POLITIQUE La droite crie à «l'acharnement» quand la gauche estime que la justice fonctionne normalement...

Maud Pierron
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Nicolas Sarkozy à Berlin le 28 février 2014.
Nicolas Sarkozy à Berlin le 28 février 2014. — Stefan Boness/IPON/SIPA

Depuis des semaines, l’étau se resserrait autour de Nicolas Sarkozy. Mais son placement en garde à vue mardi matin dans le dossier de trafic d’influence présumé – une affaire dans l’affaire Bettencourt - a eu l’effet d’une déflagration dans le monde politique.C’est en effet une première pour un ancien président, ce que ne manquent pas de relever les sarkozystes qui crient à l’«acharnement». «Jamais on aura affublé un ancien président d’un tel traitement, d’un tel déferlement de haine», a taclé Christian Estrosi sur Twitter.

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Et si certains proches tentaient de banaliser l’événement en expliquant que cette convocation était attendue et qu’elle est un «non-sujet», beaucoup de proches en critiquaient le timing. «Je suis perplexe, le calendrier judiciaire est calqué sur le calendrier politique!», a ainsi noté l’ancienne ministre UMP Nora Berra, dénonçant un «acharnement totalement disproportionné. Il faut à tout prix trouver un chef d'accusation pour entacher Nicolas Sarkozy». D’autres, peut-être échaudés par l’affaire Bygmalion, se sont montrés plus prudents, tel François Fillon qui a refusé de réagir.

Marine Le Pen ne le voit plus revenir

La gauche a repoussé toute accusation de manipulation, se calant sur la réaction du porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll: «Nicolas Sarkozy est un justiciable comme les autres. La justice doit aller jusqu’au bout». L’ex-juge d’instruction Eva Joly a argumenté: «Pour moi, cela apparaît comme l'évolution normale de ce dossier, il doit y avoir des explications à obtenir de l'ancien chef de l'Etat. Je pense donc qu'il faut se réjouir du fait que nos institutions marchent».

Marine Le Pen, elle, se réjouit de cette nouvelle affaire. Nicolas Sarkozy a «un nombre d'affaires absolument inouï qui attendent des explications de lui», a-t-elle lâché.Et d’ajouter: «Tout cela contribue à décrédibiliser totalement le moindre retour envisagé de Nicolas Sarkozy sur la scène politique et a fortiori sur la scène politique présidentielle», a-t-elle ajouté.