Bruno Le Roux se représente à la tête du groupe PS à l’Assemblée dans un climat tendu

POLITIQUE Bruno Le Roux, président du groupe PS depuis juillet 2012, devrait être réélu mardi. Mais il n'a pas le soutien des frondeurs de sa majorité...

Enora Ollivier

— 

Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, à Paris le 23 avril 2014
Le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, à Paris le 23 avril 2014 — Pierre Andrieu AFP

Bruno Le Roux en reprend pour un an. Le député se présente mardi à la présidence du groupe socialiste de l’Assemblée, un poste qu’il occupe depuis juillet 2012. Aucun autre candidat ne s’étant fait connaître, l’élu de Seine-Saint-Denis devrait être réélu sans problème. Mais peut-être pas avec un enthousiasme débordant.

L’élection du président et du bureau du groupe, qui a lieu tous les ans, se déroule cette année dans une ambiance tendue en interne. Les élus désormais connus comme les «frondeurs» de la majorité ont déposé une vingtaine d’amendements au projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale (PLFSSR) qui est débattu depuis ce lundi. Et ce malgré les directives de Bruno Le Roux.

Il «essaie d’obtenir le rassemblement des socialistes»

«Sa présidence n’est pas très bonne, surtout en ce moment où il multiplie les coups de menton», assène Laurent Baumel, député PS d’Indre-et-Loire et un des meneurs de la fronde. A tel point que l’élection à la tête du groupe n’est selon lui «pas un événement». «Je m’en fiche un peu», confie Baumel qui dit préférer s’attarder sur «le débat de fond» actuel autour du PLFSSR.

«En ce moment, ce n’est pas facile», concède Thomas Thévenoud, élu de Saône-et-Loire et porte-parole des députés PS. Mais, assure-t-il, Bruno Le Roux «est quelqu’un qui essaie d’obtenir le rassemblement des socialistes, et de ce point de vue-là, il réussit. Sinon, il aurait eu des candidatures face à lui».

«Climat hystérique»

Les frondeurs «auraient soutenu une candidature qui aurait proposé une autre logique dans le fonctionnement du groupe, et respecté les députés», mais «il n’y en a pas», rétorque Laurent Baumel. Pourquoi un des contestataires ne s’est-il pas alors porté candidat? «Dans le climat hystérique que Le Roux contribue à installer, on ne va pas perdre notre temps à se battre pour une candidature de témoignage», répond-il, cinglant.

Bruno Le Roux tient depuis quelques semaines des propos très fermes à l’égard des contestataires de sa majorité, les appelant à la «loyauté» et à la «responsabilité». Pour autant, la situation n’est pas désespérée, veut croire le porte-parole du groupe. «Je ne sens pas le collectif au bord de l’explosion», lance Thomas Thévenoud. Simplement «une lassitude chez certains de nos collègues qui trouvent qu’on débat trop, qu’on ne parle pas assez concret, et qu’on ne dit pas assez ce qu’on obtient».