Bygmalion: Des factures exorbitantes payées par le groupe UMP à l’Assemblé?

POLITIQUE Des prestations sur le site internet du groupe auraient notamment été facturées très cher par rapport aux prix du marché...

E.O.

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L'Assemblée nationale à Paris
L'Assemblée nationale à Paris — VU/SIPA

Et si le prêt de 3 millions accordé à l’UMP par le groupe UMP à l’Assemblée n’était que la face émergée de l’iceberg Bygmalion? Le Canard enchaîné révèle ce mercredi les factures exorbitantes qu’a réglées le groupe à la société de communication pour des services qui coûtent jusqu’à 700 fois moins cher habituellement. En tout, près de 7 millions d’euros auraient été dépensés.

Le groupe aurait notamment dépensé 638.000 euros pour son site internet, deputes-ump.fr, et ce pour la seule année 2010. Une somme qui parait colossale au vu de la simplicité du site (une capture d’écran de la plateforme en novembre 2010). Toujours selon l’hebdomadaire satirique, le groupe UMP a payé en 2011 à Bygmalion 3.588 euros mensuels pour l’hébergement de ce même site, et même 22.676 euros un mois, et ce sans raison. Les prix pour ce type de prestation revenant habituellement à 5-10 euros, la somme payée serait 700 fois plus élevée que les prix du marché.

4,7 millions d’euros facturés, selon Bygmalion

Le groupe aurait aussi payé la surveillance de son «e-reputation» (197.340 euros en 2010, 107.640 euros en 2011), la mise à jour du site personnel de Jean-François Copé (48.222, 72 euros annuels) ou encore la newsletter de Christian Jacob (172.415, 36 euros en 2011, pour une quarantaine de lettres envoyées aux députés UMP).

Mise en cause, la société Bygmalion s’est défendue ce mercredi. Et assure avoir facturé 3,9 millions d’euros hors taxes au groupe UMP à l’Assemblée nationale entre 2008 et 2012, soit 4,7 millions d’euros en incluant la TVA, a indiqué à l’AFP son avocat, Patrick Maisonneuve.

Ces révélations arrivent alors que Christian Jacob a décidé d’organiser un audit financier du groupe UMP à l’Assemblée pour la période 2010-aujourd’hui. Selon le Canard enchaîné, la comptabilité précédente, de 2007 à 2010, c’est-à-dire quand Jean-François Copé était le président du groupe, a été détruite.