UMP: Entre la présidence et la primaire, qui veut faire quoi dans le parti (et comment)?

POLITIQUE Abécédaire des personnalités qui se voient un avenir dans le grand parti de droite....

Enora Ollivier

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Illustration: un pupitre, au siège de l'UMP.
Illustration: un pupitre, au siège de l'UMP. — JOEL SAGET / AFP

Il y a de quoi s’arracher les cheveux quand on feuillette le classeur des ambitions à l’UMP. Car on y trouve ceux qui sont candidats à la présidence du parti, en novembre, ceux qui sont candidats à la primaire en vue de la présidentielle de 2017, ceux qui pensent que le président de l’UMP ne devrait pas être candidat à l’élection suprême. Et les autres. Abécédaire des personnalités qui se voient un avenir dans le grand parti de droite.

Xavier Bertrand

Xavier Bertrand est candidat aux primaires pour la présidentielle. Ancien ministre du Travail, le député-maire de Saint-Quentin a frontalement attaqué Nicolas Sarkozy, son potentiel adversaire, dimanche, en jugeant qu’il n’avait pas été «à la hauteur de l’exigence de vérité et de résultat». Il n’est pas candidat à la présidence de l’UMP mais voudrait voir François Baroin à ce poste. Lequel n’a encore rien fait savoir à ce sujet.

Christian Estrosi

Christian Estrosi a surpris en se déclarant, mi-juin, candidat à la primaire de l’UMP pour 2017. Le très sarkozyste député-maire de Nice a toutefois averti qu’il n’irait pas jusqu’au bout si Nicolas Sarkozy se portait candidat à la présidence de l’UMP, ce qui signifierait selon lui qu’il est candidat à la présidentielle. Il appelle d’ailleurs l’ex-chef de l’Etat à «faire connaître ses intentions dans les semaines qui viennent». L’ancien ministre est par ailleurs contre l’idée d’interdire au futur président de l’UMP de se présenter à la primaire.

François Fillon

François Fillon a indiqué dans une interview à l’Express qu’il se déciderait «le moment venu» quant à une candidature pour la présidence de l’UMP en novembre, tout en en rappelant que ce n’est pas là son «horizon». «Je suis dans une démarche de dialogue avec les Français et de préparation d’un projet politique pour le redressement de la France», a-t-il précisé. Traduisez en langage courant: il se prépare pour 2017. Il est candidat à la présidence de la République, via les primaires, depuis des mois, «par devoir». L’ex-Premier ministre a d’ailleurs déjà commencé à esquisser son programme, libéral et réformiste.

Alain Juppé

L’ancien Premier ministre est sorti du bois. Après avoir  indiqué qu’il «réfléchissait» à une candidature à la primaire qui doit désigner le participant du parti à la présidentielle de 2017, il s'est finalement lancé mercredi sur son blog. «J’ai décidé d’être candidat, le moment venu, aux primaires de l’avenir. Il reste moins de deux ans pour les organiser (car le bon sens voudrait qu’elles aient lieu au printemps 2016). C’est un bon délai», écrit-il sur son blog dans une note intitulée «2017, bientôt…». Membre de la direction provisoire de l’UMP jusqu’au congrès de novembre, il a pour lui un atout: il est fréquemment placé en tête des classements de popularité. Il n’est en revanche pas candidat à la présidence de l’UMP et pense que celui qui sera désigné à ce poste en novembre ne devrait pas participer à la primaire.

Bruno Le Maire

L’ancien ministre de l’Agriculture, figure des «quadras» de l’UMP, veut incarner le «renouveau». Candidat à la présidence de l’UMP, cet ancien villepiniste pense que son parti doit faire sa «révolution culturelle» et mise sur davantage de transparence. Il s’est engagé, s’il est élu à la tête du parti, à organiser des primaires en vue de 2017, et pense que la présidence de l’UMP et l’élection présidentielle doivent être dissociées.

Hervé Mariton

Le député-maire de Crest, dans la Drôme, est candidat à la présidence de l’UMP. Peu connu du grand public, il a gagné en notoriété lors des débats sur le mariage pour tous en 2013, bataillant nuits et jours contre le projet de loi à coup d’amendements. Délégué général au projet à l’UMP, il se dit «homme d’aucun clan» et veut «rebâtir l’unité de la famille politique». Favorable aux primaires, il a déjà indiqué qu’il n’en serait pas candidat.

Nicolas Sarkozy

Finalement, tout le monde n’attend qu’une chose: que Nicolas Sarkozy dise enfin ce qu’il compte faire au cours des trois années qui nous séparent de la présidentielle. Ses proches assurent qu’il devrait sortir de son silence d'ici la mi-septembre et se porter candidat à la présidence de l’UMP. Et ensuite? Longtemps opposé aux primaires, il ne serait plus si défavorable à cette idée. D’autant que ses adversaires le pressent de respecter cette disposition prévue dans les statuts du parti.