Affaire Bygmalion: Jérôme Lavrilleux, menacé d'exclusion de l'UMP, prêt à aller devant la justice

POLITIQUE Le député européen rappelle qu'Alain Juppé, membre du triumvirat à la tête de l'UMP, avait lui-même été condamné en 2004...

20 Minutes avec AFP

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Jerome Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris
Jerome Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Jérôme Lavrilleux, menacé d'être exclu de l'UMP en raison de son implication dans l'affaire Bygmalion, a affirmé ce lundi qu'il était «prêt à aller jusqu'au bout» pour se défendre, «y compris devant la justice», confirmant des informations du monde.fr.

Selon l'UMP, l'ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé pourrait être exclu du mouvement lors de son prochain bureau politique mardi.

«Je ne suis pas au courant de cela car je n'ai pas reçu de convocation. S'ils décident d'enclencher une procédure d'exclusion, ils devront suivre la procédure et m'envoyer une lettre recommandée, avec le motif invoqué», a affirmé Jérôme Lavrilleux.

«Pourquoi moi?»

«Je pourrai alors être entendu par la commission des recours, avec un avocat. Et s'il le faut, après m'être défendu en interne, je me défendrai en externe, j'irai devant la justice», a-t-il ajouté.

Lavrilleux dit qu'il ne démissionnera pas. «Pourquoi moi?», demande-t-il, «alors que pour l'instant, il n'y a pas d'information judiciaire à mon encontre et que je ne suis pas mis en examen».

«Je me battrai jusqu'au bout», a-t-il insisté, en rappelant qu'Alain Juppé, l'un des membres du triumvirat (avec Jean-Pierre Raffarin et François Fillon) qui veut l'exclure, avait été condamné en 2004, alors qu'il présidait l'UMP, dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris et n'avait démissionné qu'après, sans avoir été exclu du parti.

«Fouler aux pieds la présomption d'innocence»

Condamné en première instance en janvier 2004, Alain Juppé avait démissionné de la présidence de l'UMP en juillet, quelques mois avant son jugement en appel, en décembre suivant.

«Si mon exclusion de l'UMP était prononcée, cela s'appellerait fouler aux pieds la présomption d'innocence», a également affirmé Lavrilleux au monde.fr.

«Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir», dit-il également, en citant Jean de La Fontaine, «qui était comme (lui) originaire de l'Aisne».

Jérôme Lavrilleux, fraichement élu député européen, a démissionné de ses fonctions de directeur de cabinet de Copé, ex-président de l'UMP, dans une lettre datée du 13 juin et adressée à Luc Chatel, secrétaire général du parti.