Nouvelle écotaxe: «L'écologie, c'est de l'économie», réagit Mélenchon

REACTIONS Les politiques réagissent suite à l’annonce de la nouvelle écotaxe...

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Luc Mélenchon, le 23 mars 2014 à Paris
Jean-Luc Mélenchon, le 23 mars 2014 à Paris — Bertrand Guay AFP

L'écotaxe, responsable à l'automne de la fronde des bonnets rouges, est morte et enterrée: le gouvernement a décidé de la remplacer au 1er janvier 2015 par un «péage de transit» pour les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, limité à 4.000 km de routes. Ce revirement fait réagir. 

«Il était du devoir du gouvernement de renoncer totalement à ce projet», pour Le Pen

 «Après le fiasco de l'écotaxe UMPS, il était du devoir du gouvernement de renoncer totalement à ce projet», affirme Marine Le Pen dans un communiqué. «Le gouvernement annonce qu'il refusera tout manque à gagner, ce qui laisse présager de nouvelles taxes susceptibles de porter le rendement de ce péage de transit au niveau de l'écotaxe», estime la dirigeante frontiste.

Selon elle, «une taxe sur les seuls poids lourds étrangers qui traversent la France aurait été plus appropriée, à condition que notre pays cesse de se soumettre à l'Union Européenne qui interdit une telle mesure».

«C’est plus raisonnable» pour Bayrou

Le président du Modem François Bayrou a jugé dimanche «plus raisonnable» que l'écotaxe le péage poids lourds annoncé par le gouvernement Valls, tout en considérant que l'affaire de l'écotaxe mal menée depuis l'origine restait «dangereuse» notamment dans le volet Ecomouv'. «C'est plus raisonnable que le projet précédent, 4.000 km, c'est mieux que 15.000 km. On verra si ça marche», a déclaré le maire de Pau (Pyrénées-Atlantiques) sur BFMTV.

Observant que l'objectif était de «financer des équipements publics, des réseaux ferrés ou routiers», Bayrou a souligné que «quelque chose faisait ça très bien, les autoroutes». Et de rappeler qu'il était allé, «tout seul, au Conseil d'Etat pour essayer d'empêcher une privatisation sauvage qui empêche la rentrée d'environ 2 milliards d'euros par an».

«Une politique de Gribouille» pour Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, a qualifié dimanche de «bricolage» les décisions du gouvernement sur l'écotaxe et a plaidé pour un développement du ferroutage, consistant à «mettre les camions sur les trains». Avec «une politique de Gribouille», Manuel Valls a «mis le doigt dans la machine à déchiqueter la décision politique», a-t-il déclaré lors de l'émission «Tous Politiques» France Inter/Le Parisien/France 24, au sujet du remplacement de l'écotaxe par un péage transit poids lourd.

Selon lui, «c'est du bricolage», car fondamentalement «nous ne pouvons plus accepter que des milliers de camions détruisent non seulement nos routes mais notre environnement, parce que c'est moins cher que le rail». «L'écologie, c'est de l'économie», a-t-il martelé. «Nous pouvons construire, par le redéploiement écologique de l'économie, une relance qui soit bienfaisante», a-t-il affirmé.

«Moins d'argent pour les transports publics» pour Cosse

La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, a dit dimanche accueillir «assez fraîchement» le péage transit poids lourds annoncé par le gouvernement pour remplacer l'écotaxe. La dirigeante écologiste, qui veut connaître tous «les détails» de cette mesure, a en particulier regretté qu'elle ne s'applique que sur 4.000 km de routes, au lieu des 15.000 initialement prévus.

Ce péage ne devrait pas rapporter le milliard d'euros attendu de l'écotaxe «mais plutôt 500 millions d'euros», a dénoncé Cosse au «Grand Jury» RTL/Le Figaro/LCI. «Cela fera donc moins d'argent pour les transports publics», a-t-elle souligné. «Ca ne va pas assez loin et on perd l'idée du Grenelle de l'environnement d'avoir, comme en Suisse ou en Allemagne, un avant et un après cette taxe», a regretté la dirigeante d'Europe Ecologie-Les Verts, fustigeant une «taxe a minima». «Je dois dire (que je l'accueille) assez fraîchement», a-t-elle confié.