Ça tangue (encore) à l’UMP

POLITIQUE Entre le scandale de l’affaire Bygmalion, l’emprunt secret de 3 millions d’euros et les déclarations explosives de Nicolas Sarkozy, l’UMP a du mal à sortir la tête de l’eau…

Anissa Boumediene
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Pas d’éclaircie en vue pour l’UMP. Secoué par les luttes de pouvoir pour prendre sa tête, le parti pâtit aussi de la tentaculaire affaire Bygmalion, qui a laissé ses comptes dans le rouge et nécessité un prêt controversé du groupe parlementaire UMP de 3 millions d’euros. De son côté, Nicolas Sarkozy se prépare tranquillement à reprendre le parti en main, assurant qu’il faut «tout changer», à commencer par les fortes têtes de sa «famille politique, qui se dévore». Ses détracteurs tirent à boulets rouges sur celui qui avait promis de se retirer de la vie politique. Ambiance.

Qui a ordonné la double comptabilité de l’UMP?

L’affaire Bygmalion n’en finit plus d’éclabousser le parti. Alors que Jérôme Lavrilleux devrait être définitivement exclu des rangs de l’UMP ce mardi, de nouvelles révélations sur les finances du parti voient le jour, faisant planer de sérieux doutes sur l’ignorance de Jean-François Copé et de Nicolas Sarkozy à propos du trafic des comptes de campagne de l’ancien chef de l’Etat.

Selon le JDD, Fabienne Liadzé, la directrice des affaires financières de l’UMP, aurait tenu au sein de l’UMP une double comptabilité qui lui aurait permis, meeting après meeting, de déterminer la part des coûts à imputer officiellement sur le compte de campagne et la part occulte à ventiler. Mais sur ordre de qui celle que ses collègues décrivent comme une «femme honnête et sans histoire» aurait maquillé les 15 millions de fausses factures indûment payées par l’UMP? Les soupçons sur l’ignorance de Jean-François Copé et de l’ancien chef de l’Etat du dépassement des comptes de campagne ne sont pas dissipés.

Sarkozy, un retour qui agace

Pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy prépare son retour. Même s’il assure que sa décision «n’est pas prise», l’ancien chef de l’Etat serait bien décidé à reprendre les rênes du parti qu’il a déjà dirigé entre 2004 et 2007, réservant l’annonce de sa décision pour la fin du mois d’août, ce qui déplaît fortement à certains cadres du parti.

«Sa politique n'a pas été à la hauteur», tacle Xavier Bertrand, qui ne cache pas ses ambitions pour les primaires du parti en vue de 2017 et dont l’inimitié à l’égard de Nicolas Sarkozy est de notoriété publique.

François Fillon n’épargne pas non plus celui dont il a été le Premier ministre pendant cinq ans, voyant dans la défaite de la droite en 2012 un «rejet du bling-bling», et souhaitant un «retour à la dignité chez nos politiques».

Le prêt secret de 3 millions d’euros à l’UMP

Christian Jacob a indiqué ce samedi que le groupe parlementaire UMP, qu’il préside, a prêté à son parti 3 millions d’euros tirés de sa dotation à l’Assemblée nationale, peu après les élections législatives de 2012, confirmant une information de Mediapart. Un prêt «complètement légal, avec une convention, un échéancier et un taux d’intérêt», se défend-il, pour renflouer les caisses du parti, vidées par la campagne présidentielle.

Une liberté de disposition des fonds publics qui n’est pas du goût de tous. Dans un communiqué, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a annoncé son intention de mettre fin à l’absence de contrôle sur la façon dont les groupes parlementaires utilisent leurs moyens financiers.