Pour Xavier Bertrand, «la politique de Sarkozy n'a pas été à la hauteur»

POLITIQUE Pour le député UMP et ancien ministre, la promesse de rupture non tenue pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy explique la défaite de 2012...

20 Minutes avec AFP
— 
Xavier Bertrand à Paris le 25 janvier 2014.
Xavier Bertrand à Paris le 25 janvier 2014. — WITT/SIPA

Le député UMP et ancien ministre Xavier Bertrand estime que la politique menée par Nicolas Sarkozy à l'Elysée «n'a pas été à la hauteur de l'exigence de vérité et de résultat», dans une interview publiée dans le Journal du Dimanche.

Interrogé sur la volonté de Nicolas Sarkozy de «tout changer», Xavier Bertrand répond : «Lui ne changera donc jamais ! Tout changer, la rupture, c'était déjà la promesse de 2007. Et c'est parce que cette promesse n'a pas été tenue que nous avons perdu en 2012».

La politique de Sarkozy «pas à la hauteur de l'exigence de vérité et de résultat»

«Au gouvernement, j'ai eu à conduire de nombreuses réformes (assurance maladie, service minimum,...) et j'ai été un ministre loyal. Mais force est de reconnaître que la politique qui a été conduite n'a pas été à la hauteur de l'exigence de vérité et de résultat. Aujourd'hui, je suis un homme libre. Libre de ma parole, libre dans ma façon d'agir et libre de proposer un autre projet pour la France», poursuit Xavier Bertrand.

Réaffirmant sa volonté de se présenter à la primaire prévue en 2016 pour désigner le candidat de l'UMP à la présidentielle, il renouvelle sa préférence pour François Baroin pour la présidence de l'UMP. «Si Nicolas Sarkozy décide de revenir sur son engagement d'arrêter la politique, c'est son droit. Mais c'est à l'occasion de la primaire que cela peut se faire», lance-t-il.

«Redonner la parole à la base de l'UMP»

Selon lui, «l'affaire Bygmalion jette un doute terrible sur la campagne présidentielle de 2012 et sur l'UMP. Dans l'intérêt du mouvement, par respect pour nos électeurs, tous ceux qui sont concernés et qui auront à répondre aux enquêteurs doivent se tenir à l'écart. Je ne suis pas le seul à le penser. Je suis marqué par le nombre d'adhérents qui demandent la même chose. La vie de notre parti déjà très déstabilisée, ne peut pas être polluée par le tourbillon judiciaire à venir.»

«À présent, pour réinstaurer la confiance, il faut redonner la parole à la base de l'UMP, c'est-à-dire aux militants. Je suis convaincu qu'ils doivent davantage être associés à la vie du mouvement, aux investitures, par exemple. Cela veut dire que pour les régionales de l'an prochain, les têtes de liste ne devront pas être choisies par Paris mais par les militants. Grâce à l'organisation de primaires partout et pour tous», poursuit-il.

L'ancien ministre assure qu'il ne se «trompe pas d'adversaire». «Mon opposition est vis-à-vis de François Hollande, pas vis-à-vis de l'ancien président. En revanche, personne ne m'empêchera de tirer les indispensables leçons de l'échec de 2012», conclut-il.