UMP: Le chef des députés reconnaît un emprunt secret de 3 millions d'euros

POLITIQUE Le groupe parlementaire UMP a prêté à son parti 3 millions d'euros tirés de sa dotation à l'Assemblée nationale, selon Christian Jacob...

20 Minutes avec AFP

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Christian Jacob, en mai 2014.
Christian Jacob, en mai 2014. — WITT/SIPA

Le groupe parlementaire UMP a prêté à son parti 3 millions d'euros tirés de sa dotation à l'Assemblée nationale, peu après les élections législatives de 2012, a indiqué samedi soir son président Christian Jacob, confirmant une information de Mediapart.

A la suite de ces révélations, le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a annoncé dans un communiqué une prochaine révision des statuts des groupes parlementaires «pour permettre l'exercice d'un contrôle sur l'utilisation qu'ils font des dotations qui leur sont versées».

Un prêt «complètement» légal

«Au lendemain des élections législatives, en attendant la dotation de l'Etat, le parti avait un trou de trésorerie et comme les finances du groupe le permettaient, on a fait un prêt de 3 millions d'euros au parti, avec une convention, un échéancier, un taux d'intérêt», a expliqué Christian Jacob.

Le chef du groupe parlementaire, proche de Jean-François Copé qui vient de quitter l'UMP à la suite de l'affaire Bygmalion, a également confirmé qu'il n'avait pas informé les autres députés UMP de l'existence de ce prêt, qui est «complètement» légal selon lui.

540.000 euros remboursés par l'UMP

«Non, parce que j'ai pris mes responsabilités de président de groupe. On n'est pas sur un don, on est sur un prêt », a-t-il dit, «je ne vois pas ce qu'il y a d'illégal là-dedans».

A l'heure actuelle, environ 540.000 euros ont été remboursés par l'UMP au groupe, a-t-il indiqué.

Dans un communiqué diffusé quelques heures après les révélations de Mediapart, le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, a annoncé son intention de mettre fin à l'absence de contrôle sur la façon dont les groupes parlementaires utilisent leurs moyens financiers. Ceux-ci sont tirés du budget de l'Assemblée nationale, et donc de fonds publics, pour un montant de 10,1 millions d'euros au total en 2014, «pour leur permettre de disposer de personnels et d'organiser leurs travaux», a rappelé Claude Bartolone.