Jean-Marie Le Pen: «Je suis président à vie du Front national»

FRONT NATIONAL Mécontent de la façon dont il est traité par sa fille et le reste du parti, Jean-Marie Le Pen a expliqué sa façon de penser sur le plateau de BFMTV…

Anissa Boumediene

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Pour Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, pas question de quitter le parti.
Pour Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, pas question de quitter le parti. — Bertrand Guay AFP

Pour ceux qui en douteraient encore, Jean-Marie Le Pen n’a absolument pas envie de quitter le parti qui a fait sa renommée: «Contrairement à ce que dit Marine Le Pen dans Valeurs Actuelles, ce n’est pas elle qui m’a nommé président d’honneur, c’est le congrès du FN, par conséquent je suis président à vie. Cette décision n’appartient à personne, même pas à un congrès suivant puisque cette décision est définitive jusqu’à ma mort, qu’on peut espérer légitimement mais contre laquelle j’espère résister le plus longtemps possible».

Dans un entretien sur le plateau de BFMTV, le président d’honneur du FN affirme n’avoir «pas à proprement parlé» à sa fille depuis ses propos polémiques sur Patrick Bruel tenus dans l’une des vidéos de son blog. «Personne ne m’a fait l’honneur de m’appeler au téléphone ni même de répondre à mes coups de fil. On doit être un petit peu gêné quand même aux entournures», a-t-il déclaré. Hébergé par le site du parti, le blog avait été retiré sur décision de Marine Le Pen.

«Personne ne peut me pousser vers la sortie»

A la tête du Front national depuis sa création en 1972, Jean-Marie Le Pen n’imagine pas la vie du parti sans lui, se jugeant indispensable à l’ascension du Front national et de sa fille, l’actuelle présidente du FN. «Personne ne peut me pousser vers la sortie que moi-même. (…) Je resterai là. (…) Ma présence est utile au FN, est utile à la candidature du FN à la présidence de la République. Sans elle, ses chances [d’être présidente de la République] n’existent pas».

Pour le président d’honneur du parti, sa fille «est obsédée à l’idée de faire son groupe parlementaire au Parlement européen et pour cela elle est prête à se soumettre aux conditions que porteraient deux, trois ou quatre députés de telle ou telle autre nationalité». Une ambition qui expliquerait selon lui l’attitude de Marine Le Pen et du FN à son égard.

«Pas raciste, mais pas antiraciste»

Interrogé sur le sens du mot «fournée» qu’il avait employé en parlant de Patrick Bruel, Jean-Marie Le Pen assure n’avoir eu aucune pensée antisémite. «Je vous mets au défi de trouver une seule fois où ce mot de "fournée" soit associé à un contexte antisémite (…) Est-ce qu’on doit avoir une révérence particulière quand on fait allusion à quelqu’un qui est juif? Je considère les juifs comme des Français à part entière comme les autres, ni au-dessus des autres ni en dessous des autres», a-t-il expliqué.

«Je suis le seul Français qui n’ait pas le droit à la présomption d’innocence, Le Pen il y a une présomption de culpabilité. Je ne suis pas raciste mais je ne suis pas non plus de la secte antiraciste», a-t-il ajouté.