Marine Le Pen: L'avenir du FN, «c'est moi et non plus» Jean-Marie Le Pen

FRONT NATIONAL Dans un entretien à paraître jeudi dans Valeurs actuelles, Marine Le Pen revendique ses différences avec son père Jean-Marie et souligne que c’est elle qui est «chargée de l’avenir» et des «idées» du parti…

20 Minutes avec AFP

— 

Marine Le Pen et son père Jean-Marie Le Pen.
Marine Le Pen et son père Jean-Marie Le Pen. — Martin Bureau AFP

Les différences entre le président d’honneur du FN et sa fille «existent, bien évidemment», dit Marine Le Pen. «La politique s’incarne, or je suis moi-même, je ne suis pas Jean-Marie Le Pen (…) J’ai ma propre personnalité, ma propre perception de l’exercice des responsabilités. Et ma stratégie peut se résumer en une phrase: faire gagner le FN pour faire gagner la France», déclare-t-elle.

«Que le FN devienne un parti de gouvernement»

«J’ai aujourd’hui le devoir d’accéder au pouvoir avant qu’il ne soit trop tard. C’est-à-dire rapidement. Peut-être même, je le crois possible, dès 2017. Pour cela, je me suis battue, avant même mon élection à la présidence du mouvement» en 2011 «pour que le FN devienne un parti de gouvernement», explique la présidente du Front national.

«Cet objectif, que beaucoup, dont Jean-Marie Le Pen peut-être lui-même, imaginaient inaccessible, est aujourd’hui en passe d’être atteint», affirme la députée européenne. Si «pendant quarante ans, c’est Jean-Marie Le Pen qui a incarné le Front national» et en reste «une figure centrale», «aujourd’hui c’est moi, et non plus lui, qui suis chargée de son avenir et de celui de ses idées», lâche-t-elle.

L’élection de 2017 en ligne de mire

«J’ai été sa candidate, soutenue par Jean-Marie Le Pen, lors de la dernière élection présidentielle et je le serai à nouveau en 2017, si les militants me réélisent à leur tête lors de notre congrès de novembre», prévient-elle.

Si son père «est dans une contestation de la ligne politique» actuelle du FN. «Ma ligne a été validée par les militants et elle ne saurait être remise en cause jusqu’à cette date (…) D’ici là (…) toute autre attitude serait dévastatrice et donc critiquable», insiste-t-elle.

Revenant sur les bisbilles familiales autour de la «fournée» évoquée par Jean-Marie Le Pen dans sa critique de l’artiste Patrick Bruel, de confession juive, Marine Le Pen estime que, si son père «a toute sa place au FN», «cette mauvaise querelle (…) doit absolument cesser».