Défenseur des droits: Une partie de la gauche tente de bloquer l'arrivée de Toubon

POLITIQUE La proposition de François Hollande de nommer Jacques Toubon Défenseur des droits n’a pas suscité un enthousiasme débordant à gauche…

E.O.

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Jacques Toubon arrive à l'Elysée le 18 mars 2014, pour une réunion sur la Francophonie
Jacques Toubon arrive à l'Elysée le 18 mars 2014, pour une réunion sur la Francophonie — Jacques Demarthon AFP

La proposition de François Hollande de nommer Jacques Toubon Défenseur des droits n’a pas suscité un enthousiasme débordant à gauche, c’est un euphémisme. Et la farouche opposition des socialistes pourrait bien bloquer l’arrivée du chiraquien à ce poste.

La candidature de Jacques Toubon doit être validée par les Commissions des lois de l'Assemblée et du Sénat. Pour être rejetée, les trois cinquièmes des membres doivent voter contre, ce qui supposerait que les élus d'opposition ne se prononcent pas en faveur de la nomination. Du côté des socialistes, les comptes ont été faits, révèle France Inter: aucun élu ne votera en faveur de Jacques Toubon. Une bonne partie de la gauche reproche principalement à l’ancien ministre et député RPR ses positions passées : l’homme de 72 ans a voté contre l’abolition de la peine de mort et la dépénalisation de l’homosexualité en 1981. Une pétition a même été lancée, par un socialiste et un porte-parole d’EELV. A ce jour, elle a recueilli près de 88.000 signatures.

Taubira et Borloo ont refusé le poste

Un blocage de la candidature par le Parlement semblant peu vraisemblable, le président de la Commission des lois à l'Assemblée, le socialiste Jean-Jacques Urvoas, devrait suggérer à Jacques Toubon de retirer sa candidature, selon la radio. Il s’agit aussi de ménager François Hollande qui se verrait tout autant – si ce n’est davantage – désavoué que celui qu’il entendait nommer au poste. Mais Jacques Toubon n'entend pas baisser les bras. «Il n'est pas question» de renoncer, a-t-il indiqué à Europe1, ajoutant que «le processus constitutionnel se poursuit». Son audition devant la Commisison des lois aura lieu le 2 juillet.

Si ce n'est lui, qui pour prendre la suite de Dominique Baudis, décédé le 10 avril? Selon le Canard enchaîné, Christiane Taubira a refusé le poste, de même que Jean-Louis Borloo. D’autres personnalités de gauche auraient aussi été approchées, mais toutes ont décliné, selon l’hebdomadaire.