VIDEO. Affaire Bygmalion: Le texto qui implique Sarkozy et Copé

POLITIQUE Jérôme Lavrilleux aurait indiqué au directeur de campagne de Sarkozy que l’ex-Président et Jean-François Copé étaient au courant de l’explosion des dépenses pendant la campagne…

E.O.

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Jerome Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris
Jerome Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Jérôme Lavrilleux l’a assuré lors de ses aveux télévisés: il n'a mis ni Jean-François Copé ni Nicolas Sarkozy au courant de l’explosion des dépenses de la campagne de 2012, lesquels, a fortiori, ne connaissaient rien des factures indûment payées par l’UMP pour masquer les dépassements.

Pourtant, Le Figaro reproduit ce mercredi un SMS que Guillaume Lambert, l’ex-directeur de campagne de Sarkozy dit avoir reçu de Lavrilleux, alors directeur adjoint de la campagne, le 28 avril 2012. «Jean-François ne vient pas à Clermont, il y est allé la semaine dernière. Louer et équiper la deuxième halle est une question de coût. Nous n’avons plus d’argent. JFC [Jean-François Copé] en a parlé au PR [Président de la République]», écrit le bras droit de Copé, en faisant référence au meeting qui se tient le même soir à Clermont-Ferrand.

La chronologie de l'affaire Bygmalion tout en déclarations, dans la vidéo ci-dessous

Montage bien rodé

Ce texto, s’il est avéré, indique que Nicolas Sarkozy a été prévenu au plus tard entre les deux tours de la présidentielle des problèmes d’argent rencontrés pendant sa campagne. Mardi, Mediapart a révélé que les dépassements s’élevaient à 17 millions d’euros, pris en charge illégalement par l’UMP après un montage bien rodé. Les prestations d’Event & cie, la filiale événementielle de Bygmalion, déclarées à la Commission des comptes de campagne étaient nettement inférieures au prix réel de l’événement. L’écart était ensuite imputé à l’UMP, qui a réglé l’addition principalement en payant les factures pour des conventions fictives.

Ainsi, le fameux meeting de Clermont du 28 avril 2012 a coûté officiellement 154.706 euros mais en réalité, l’addition s’est élevée à 623.293 euros. Et l’UMP a dû s’acquitter des 468.587 euros de différence.