Cécile Duflot le 6 mai 2014 à l'Assemblée nationale à Paris
Cécile Duflot le 6 mai 2014 à l'Assemblée nationale à Paris — Stéphane de Sakutin AFP

POLITIQUE

Pourquoi Cécile Duflot monte en première ligne

On entend beaucoup l'ex-ministre écologiste ces derniers temps...

Depuis son départ du gouvernement début avril, elle s’était faite, de son propre aveu, «discrète». Mais depuis quelques jours, précisément depuis que sa loi sur le Logement est menacée de détricotage, Cécile Duflot se démène sur tous les fronts médiatiques. Pour défendre sa loi, le seul héritage de son passage au gouvernement, mais aussi pour prendre le leadership de la contestation anti-Hollande.

Duflot «marraine» de la fronde

Le premier gros coup de boutoir, c’était dans Le Parisien ce samedi, où elle a accusé le gouvernement de «céder à la vulgate libérale avec pour seul cap un horizon-budgétaro-chiffré». Est-ce que la députée Duflot, comme ses camarades EELV, se place désormais dans l’opposition? Les écologistes «sont dans la majorité élue en juin 2012 sur des engagements précis. Aujourd’hui, celui qui s’éloigne de cette majorité, c’est le gouvernement», a-t-elle taclé. Evidemment, le sujet n’était pas sa propre loi Alur mais les orientations budgétaires du gouvernement…

Et comme son bon mot a fait mouche, Cécile Duflot l’a resservi ce mardi sur BFM TV: «Je suis complètement dans la majorité» mais «aujourd’hui le gouvernement s’est éloigné de sa majorité». Il faut dire que le gouvernement fait face à une fronde inédite dans ses propres rangs: au moins 41 députés menacent de déposer des amendements sur le projet de loi rectificatif des finances. Et défi ultime: ils déposeraient leurs amendements directement, sans passer par le groupe socialiste. L’un d’entre eux expliquait la semaine dernière à 20 Minutes que des «ponts» existaient avec les écologistes et les communistes. Une réunion entre tous ces rebelles s’est déroulée ce week-end. Du coup, le Parisien a parlé de la «naissance d’un front anti-Hollande» qui a pour «marraine» Cécile Duflot et pour cible le projet de loi de finances rectificative.

Duflot veut recoller à sa base

«Une réunion de calage» entre les députés EELV et les frondeurs du PS doit avoir lieu le 23 juin selon lexpress.fr. «C’est un tournant dans le travail parlementaire. La présence de Cécile Duflot à l’Assemblée n’y est pas étrangère. C’est elle qui crée des passerelles et qui veut pousser les points de convergence avec les frondeurs», explique au site Internet la députée EELV Eva Sas. Il est vrai que par sa puissance de frappe médiatique, l’ex-ministre et patronne des Verts est incontournable. Que ce soit sur Twitter ou dans les médias classiques, elle sait toujours où frapper pour faire du bruit. Un proche de Cécile Duflot confirme d’ailleurs à lexpress.fr qu’elle souhaite occuper une «position incontournable en créant une force centrale qui rassemble EELV, Front de Gauche et les membres du PS désappointés par la politique du gouvernement».

Surtout, en ce moment, celle qui avait concédé avoir une «muselière» lorsqu’elle faisait partie du gouvernement Ayrault, a besoin de «l’ouvrir». Pour des besoins internes, puisqu’on prête à l’ex-dirigeante verte des envies de porter la candidature écologiste à la présidentielle 2017. Or, en soutenant une participation des écologistes au gouvernement pendant quasiment deux ans, Cécile Duflot s’est éloignée de la base du parti, qui le lui a rappelé en la sifflant lors du congrès de Caen en décembre 2013, souligne Le Monde, dans un article expliquant la «rupture» politique entre Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé. «Il y a eu le précédent Voynet. Cécile connaît les symptômes d’une fin de cycle: elle a intérêt à coller à son parti. Et pour se créer un espace, rien de plus facile que de se refaire une santé sur le dos des socialistes», explique un proche de Cécile Duflot au Monde.