Wauquiez propose de faire «table rase» du régime «pervers» et «inacceptable» des intermittents

SOCIAL L'ancien ministre réagit sur les demandes de changement de l'assurance chômage des intermittents...

20 Minutes avec AFP
— 

L'ex-ministre UMP Laurent Wauquiez prône de «faire table rase» du régime des intermittents du spectacle, «inacceptable» et «pervers», et souhaite l'alignement d'ici trois ans de l'indemnisation des intermittents sur celle des contrats à durée déterminée.

«Il est plus que temps d'en finir avec ce régime devenu inacceptable. Il est beaucoup plus avantageux que celui des autres salariés du privé avec, à nombre d'heures égal et salaire équivalent, une indemnisation plus longue et plus élevée. Il perd 1 milliard d'euros par an, représente 25% du total du déficit de l'assurance-chômage pour à peine 5% des indemnisés!» déclare Wauquiez dans un entretien au Figaro.

Le régime des intermittents «est enfin complètement pervers. La moitié de la rémunération d'un intermittent vient de l'indemnisation chômage, les entreprises s'en servant comme d'un complément de salaire. Cela revient à dire à la caissière de supermarché que non seulement, elle n'a pas droit au même statut mais qu'elle finance par ses cotisations le secteur de la culture, tout ça parce qu'elle n'a pas la possibilité de faire autant de bruit que les intermittents dans les médias», développe le député-maire du Puy-en-Velay.

Aligner les contrats sur celle des CDD

Le gouvernement a annoncé lundi qu'il ne reviendrait pas sur l'accord d'assurance chômage tout en se disant prêt à remettre à plat le système de l'intermittence, opposant ainsi une fin de non-recevoir à la principale revendication des intermittents du spectacle qui faisaient du non-agrément du texte un préalable à toute nouvelle concertation et ont observé lundi une journée d'action nationale.

«Tout ajustement mineur, comme depuis trente ans, est condamné. Il faut faire table rase et se donner trois ans pour aligner l'indemnisation des intermittents sur celle des contrats à durée déterminée, en modulant les cotisations en fonction du nombre de contrats précaires. Plus une entreprise de la culture aura recours au statut d'intermittent, plus elle paiera», prône Wauquiez.

«Et que l'on ne vienne pas dire que l'on va tuer la culture en France! Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne ou l'Italie n'ont pas de système d'intermittents et New York, Londres, Berlin ou Rome ne sont pas des déserts culturels».