Parti radical: Tensions entre Rama Yade et Laurent Hénart pour succéder à Jean-Louis Borloo

CENTRE Le vote pour la présidence du Parti radical, abandonnée par Jean-Louis Borloo, débute ce lundi et se clôt fin juin…

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-Louis Borloo, alors président du Parti radical, le 27 novembre 2013 à Paris.
Jean-Louis Borloo, alors président du Parti radical, le 27 novembre 2013 à Paris. — LCHAM/SIPA

Qui, de Rama Yade ou de Laurent Hénart, gagnera la présidence du Parti radical (PR)? Les 6.800 adhérents à jour de cotisation votent dès lundi prochain jusqu’au 22 juin pour élire le successeur de Jean-Louis Borloo, qui s’est retiré de la vie politique début avril. Le nom du nouveau président sera proclamé lors d’un congrès début juillet.

La campagne se joue entre l’ex-ministre sarkozyste Rama Yade et Laurent Hénart, maire de Nancy et dauphin de l’ancien président radical André Rossinot. Mais alors que va débuter le vote, rien ne va plus dans la vieille formation centriste. De piques en «sorties pas correctes, les tensions s’accentuent et pourrissent l’image du parti», déplore un valoisien. «Vivement qu’on en finisse parce que là, ça devient moyen moyen», estime un autre adhérent.

Soupçon sur la sincérité du scrutin

Acte I, mercredi: Le Canard enchaîné rapporte une hausse des adhésions – qui seraient acquises à Laurent Hénart- de «10.000 à 13.098» en deux mois. Estimant le fait «très grave si c’est avéré», Rama Yade répond le soir même sur iTélé que «s’il y a des fraudes il faudra naturellement des sanctions». Avant d’appeler à un «scrutin équitable». Pressé de répondre au soupçon de fraude, le président de la commission de contrôle de l’élection du Parti radical, Xavier de Roux, estime alors auprès de l’AFP avoir «fait le travail» et «examiné les plaintes nombreuses et contradictoires des deux candidats.»

Acte II, jeudi. Laurent Hénart répond à Rama Yade en estimant qu’elle «abîme le parti». A L’Opinion, l’élu déclare que «ce n’est pas en abîmant notre parti, son image, ses règles, que Rama Yade va assurer son élection». Avant d’attaquer sur le passé ministériel de Rama Yade, sous Nicolas Sarkozy. Pour Laurent Hénart, la conseillère régionale d’Ile-de-France est sous «l’influence» de l’ex-chef d’Etat. «Dans son dernier ouvrage, Rama Yade ne se cache pas d’avoir de l’admiration et même de la dépendance affective vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Il y a incontestablement une vraie influence de celui-ci sur elle». Avant d’envoyer le coup final. Rama Yade aurait une «incapacité à jouer collectif», ayant un comportement d'«enfant gâtée.»

«A peu près cent cas litigieux»

Acte III, vendredi. Preuve que le doute sur ces adhésions persiste, le président de la commission des statuts du parti Didier Maus fait une mise au point aux adhérents par email, dont 20 Minutes a obtenu une copie. Il y rappelle que selon «l’article 2 du règlement pour l’élection du président, la liste des électeurs serait arrêtée au 16 mai 2014» (…) cette liste électorale comprend les membres du parti en cours et des deux années antérieures». En résumé: les adhérents inscrits après le 16 mai, acquis ou non à Laurent Hénart, ne pourront pas voter.

«Tous les fichiers informatiques des adhérents ont été épluchés, tout est transparent», s’insurge Daniel Leca, président des Jeunes Radicaux. «J’ai siégé au nom de Laurent Hénart à la commission de vérification du parti, et elle a trouvé en tout et pour tout à peu près 100 cas litigieux», rappelle-t-il. Il ajoute que les accusations de Rama Yade qui, début mai, se plaignait de ne pas avoir eu accès aux fichiers des adhérents, sont «fausses».

De son côté, Jean-Louis Borloo reste officiellement muet, ne donnant aucune préférence à l’un ou l’autre candidat. En coulisses, il se chuchote que Laurent Hénart aurait la bienveillance de l’ancien chef. Quant au score des deux prétendants, une figure centriste prédit «60/40 en faveur de Laurent Hénart. Rama Yade, plus médiatique, fera un beau score car elle est connue, mais l’appareil est acquis à Laurent Hénart».

Parallèlement à cette campagne pour la tête du Parti radical, débute une autre campagne pour la présidence de l’UDI, également abandonnée par Jean-Louis Borloo. L’UDI, qui rassemble plusieurs chapelles centristes, est alliée au MoDem de François Bayrou au sein de «l’Alternative». Le nom du nouveau président de l’UDI sera proclamé lors d’un congrès à l’automne.