Eduardo Rihan Cypel sur le Budget: «Tout peut être discuté, il n'y a pas de tabous»

INTERVIEW L'ex-porte-parole du PS défend le projet de finances rectificatif du gouvernement mais souhaite que les classes moyennes soient soulagées...

Propos recueillis par Maud Pierron

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Le Parti socialiste a évoqué mardi l'hypothèse d'une "affaire d'État" après la découverte de 500.000 euros sur un compte de l'ancien ministre UMP Claude Guéant et dont l'origine reste à déterminer par la justice.
Le Parti socialiste a évoqué mardi l'hypothèse d'une "affaire d'État" après la découverte de 500.000 euros sur un compte de l'ancien ministre UMP Claude Guéant et dont l'origine reste à déterminer par la justice. — Lionel Bonaventure AFP

Attention, avis de gros temps sur le projet de budget rectificatif 2014 présenté ce mercredi en conseil des ministres par le gouvernement. Déjà à droite, mais aussi à gauche, avec l’appel des 100, de virulentes critiques sont apparues. Eduardo Rihan Cypel, député PS de Seine-et-Marne, le défend. Et prône un «dialogue majoritaire» entre les députés socialistes frondeurs, le gouvernement et le PS, mais estime qu’ensuite, il faut se plier à la règle majoritaire. Il l’explique à 20 Minutes.

Le gouvernement a présenté le collectif budgétaire ce mercredi, vous convient-il?

Il y a 500.000 nouveaux ménages qui seront concernés par des baisses d’impôts, et au total 3,7 millions de foyers fiscaux modestes vont en bénéficier en septembre. C’est très important car ça correspond à l’attente des Français. Après avoir fourni beaucoup d’efforts, il était légitime de redonner un peu aux couches populaires et aux classes moyennes.

L’UMP avance au contraire que les classes moyennes vont être plus impactées pour compenser les baisses d’impôts pour les ménages plus modestes…

L’UMP n’est jamais contente, elle est dans l’opposition bête et méchante. Et si elle n’est pas contente, c’est même plutôt un bon signe pour la gauche.

Mais l’opposition sur ce texte vient aussi du PS, avec les frondeurs, qui vont présenter des amendements qui ne vont pas dans le sens du gouvernement…

Je n’ai franchement pas peur du dialogue et des débats. J’ai même théorisé le dialogue majoritaire, qui doit se faire entre le gouvernement, les députés et le PS. Je suis pour qu’il y ait autant d’allers-retours que nécessaire. Tout peut être discuté, il n’y a pas de tabous. En revanche, une fois qu’après tous les débats, une décision a été prise de manière majoritaire, elle doit être respectée collectivement. Je refuse qu’on s’écarte de la règle collective. Soit il y a des règles, soit c’est le Far West et personne ne comprend plus rien.

Et vous pensez qu’il y a vraiment débat entre le gouvernement et les députés?

Ça va beaucoup mieux qu’avant. Mais ce serait malhonnête de dire qu’il n’y a aucune difficulté sur ce texte. Il y a de vrais débats, qui sont légitimes, et qu’il faut assumer. Le gouvernement doit évidemment être respecté mais les députés ont été élus pour faire des propositions, pour amender les lois, pas pour être les perroquets du gouvernement.

Comment aimeriez-vous voir le texte évoluer?

Sur le fond, je souhaite qu’on soulage les classes moyennes, ces individus qui touchent entre 1.500 euros et 2.500 euros nets et qui ont été très sollicités ces dernières années, par les gouvernements de droite comme de gauche. Je vois dans ma circonscription qu’ils ont fourni beaucoup d’efforts. Ceux-ci doivent être partagés et justes.