Hervé Morin: «Donner un nouveau visage à l’UDI après le départ de Jean-Louis Borloo»

INTERVIEW A trois jours du conseil national de l’UDI qui fixera les règles pour l’élection du successeur de Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, président du Nouveau Centre, s’est confié à «20 Minutes»…

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud
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Hervé Morin, président du Nouveau Centre, co-fondateur de l'UDI, le 22 janvier 2012 à Nice.
Hervé Morin, président du Nouveau Centre, co-fondateur de l'UDI, le 22 janvier 2012 à Nice. — B. Bebert/Sipa

Alors que Jean-Louis Borloo s’est retiré de la vie politique, l’UDI (Union des démocrates et indépendants) organise un conseil national le 14 juin, avant un grand congrès mi-novembre qui désignera le nouveau président du rassemblement centriste. Quels sont les enjeux de l’UDI aujourd’hui? Quelle est sa stratégie avec le Modem, son partenaire? Et avec l’UMP? Interview avec Hervé Morin, président du Nouveau Centre, cofondateur de l'UDI.

Quel est l’enjeu principal du conseil national de l’UDI, ce samedi?

Ce conseil national fixera les règles de l’élection du nouveau président de l’UDI. Celle-ci donnera un nouveau visage au parti, après le départ de Jean-Louis Borloo. Nous faisons tout pour avoir avoir un système transparent pour ce scrutin.

Etes-vous candidat à la présidence de l’UDI ?

J’annoncerai ma décision à la fin du mois de juin.

Samedi, vous allez discuter de votre alliance avec le Modem. L’Alternative, soit l’alliance de l’UDI et le Modem de François Bayrou, représente-t-elle quelque chose ou est-ce alliance de papier?

On a une feuille de route ensemble avec le Modem. Mais doit-on aller vers une intégration plus poussée avec ce parti? Je pense que ce n’est pas le moment.

Les ambitions présidentielles de François Bayrou vous gênent-t-elles ?

François Bayrou a déjà fait trois présidentielles, et je ne suis pas sûr qu’il ait envie d’en faire une quatrième. Tant à gauche qu’à droite, attention à la multiplication des candidatures qui risquent de vous éliminer du second tour.

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Vous êtes favorable à une primaire ouverte avec l’UMP en 2016. Ne craignez-vous pas d’être écrasé par les candidats UMP?

Nous devons tout faire pour avoir un candidat centriste pour cette élection.

Le prochain président de l’UDI sera-t-il être le candidat centriste à l’élection présidentielle de 2017?

Si le président de l’UDI, tout juste élu, se lance dans une aventure personnelle avec la perspective de l’élection présidentielle, je dis que notre parti est un grand danger. Je suis pour une direction collégiale, collective. Ensuite, nous avons trois questions à nous poser. Avons-nous quelqu’un capable d’incarner l’alternative ? Est-ce que nous ne risquons pas d’être éliminés du second tour de la présidentielle, alors que le Front national est à 20%? Enfin, ne vaut-il pas mieux pour nous d’être le partenaire incontournable d’une nouvelle majorité à droite? C’est-à-dire être la clef des réformes de la majorité au Parlement. S’il nous l’avions fait entre 2007 et 2012, on aurait évité bien des bêtises.

Cela se traduirait par une renégociation de vos accords avec l’UMP pour les législatives…

Il faut faire en sorte d’avoir un groupe parlementaire suffisament nombreux pour qu’il n’y ait pas de décision prise par un seul parti.

Des proches de Nicolas Sarkozy soulignent que son retour en politique passera par le centre. Qu’en pensez-vous?

Il y a une majorité de Français se situant de la sociale-démocratie à la droite modérée qui veut des politiques nouvelles, avec des gens nouveaux. Cela ne peut pas se faire dans la fermeture, le nationalisme exacerbé et le conservatisme.

Espérez-vous un retour en politique de Nicolas Sarkozy?

Je pense que pour un président sortant qui a été battu, c’est très difficile de revenir, et je ne suis pas sûr que les Français aient envie de revivre le même match qu’en 2012.