Sarkozy, un «des très rares», avec Juppé, à pouvoir rassembler la droite, juge Villepin

20 Minutes avec AFP

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Dominique de Villepin en interview a son QG de campagne, au 91 bis rue de Cherche-Midi à Paris, le 1er mars 2012.
Dominique de Villepin en interview a son QG de campagne, au 91 bis rue de Cherche-Midi à Paris, le 1er mars 2012. — Vincent Wartner / 20Minutes

L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a jugé mercredi que Nicolas Sarkozy, son ancien plus grand ennemi, était «une des solutions possibles» pour la présidence de l'UMP car il est un «des très rares», avec Alain Juppé, à pouvoir rassembler la droite.

L'UMP «est en danger de dépérissement», «comme le Parti socialiste», et l'ex-président de la République est «une des solutions possibles» pour prendre les rênes du parti, a déclaré M. de Villepin, lors de l'émission «Questions d'info» LCP-Le Monde-France Info-AFP.

«Il fait partie des très rares» qui ont «les capacités à rassembler» la droite, a-t-il ajouté en citant également le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre Alain Juppé. «Je vois Alain Juppé et Nicolas Sarkozy», a souligné M. de Villepin, pour qui les deux hommes «ont la capacité de s'entendre».

«Nicolas Sarkozy est omniprésent dans le jeu politique français comme il est omniprésent dans le jeu politique à droite. Donc il est important qu'il dise ce qu'il souhaite. S'il souhaite être le candidat au sein de l'UMP, ça change manifestement le calendrier politique pour la droite au cours des prochaines années», pense-t-il. Car, selon lui, le président de l'UMP devrait être le candidat à la présidentielle de 2017: «le congrès» d'octobre «sera décisif dans le choix du candidat pour la future élection présidentielle».

«Zone politique dangereuse»

Il faut, à ses yeux, «une accélération», «un chef à l'UMP». «Ça veut dire que le schéma qui avait été envisagé d'une élection qui aurait été en quelque sorte une procédure banale à l'UMP», avec un président de transition, sans ambition présidentielle, «suivie après des primaires me semble avoir du plomb dans l'aile».

Il faut donc abandonner l'organisation d'une primaire à droite, pourtant inscrite dans les statuts de l'UMP ? «Il me semble que le calendrier s'accélère et qu'on ne peut pas se permettre d'avoir des échéances multiples (...) Cette échéance du congrès de l'UMP sera décisive dans le choix du candidat pour la future élection», a-t-il répondu.

M. de Villepin, qui a rencontré récemment Nicolas Sarkozy, vis-à-vis duquel il a été «extrêmement critique» pendant son quinquennat, exhorte l'ancien chef de l'Etat à «être gaulliste», «au-dessus des partis». «Il ne s'agit pas d'aller un petit coup au centre, un petit coup à droite».

Appuis de plusieurs sarkozystes

Et lui-même, pourrait-il être tenté de revenir en politique ? «Aujourd'hui, rentrer en politique et faire de la politique, c'est un sacrifice (...) C'est un sacrifice immense, donc je n'en ai aucune envie et je ferai tout pour l'éviter (...) Je mesure tous les jours le bonheur de ne pas être dans la politique», a lâché M. de Villepin, aujourd'hui à la tête d'une société de conseil.

«Nous sommes dans une zone politique dangereuse» et s'il n'y a pas d'initiatives à gauche comme à droite, «toutes les aventures sont possibles»: «Marine Le Pen ou la rue...», redoute le dernier chef du gouvernement de Jacques Chirac (2005-2007).

Brice Hortefeux, très proche de M. Sarkozy, dit souhaiter que l'ancien chef de l'Etat «soit candidat à la présidence de l'UMP», lors du congrès du parti prévu en octobre, dans un entretien au journal Le Monde publié mercredi.