VIDEO. Comment le lobby breton aurait fait main-basse sur la réforme territoriale

POLITIQUE La région Pays-de-la-Loire ne sera finalement pas rattachée à la Bretagne...

M.B.

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a signé vendredi à Rennes le Pacte d'avenir pour la Bretagne, qui rassemble près de 2 milliards d'euros d'aides à cette région en proie à des restructurations, particulièrement dans l'agroalimentaire, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a signé vendredi à Rennes le Pacte d'avenir pour la Bretagne, qui rassemble près de 2 milliards d'euros d'aides à cette région en proie à des restructurations, particulièrement dans l'agroalimentaire, a constaté un journaliste de l'AFP. — Jean-Sébastien Evrard AFP

«Le poids des barons locaux est bien évidemment une dimension qui a joué dans la décision du président». Cette petite phrase lâchée ce mercredi au Monde par un proche de François Hollande en dit long sur la bataille que suscite la réforme territoriale annoncée lundi soir dans une tribune publiée par la presse régionale.

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Pour preuve, jusqu’au dernier moment, l’Elysée hésitait encore sur la réduction du nombre de régions. Dimanche, l’exécutif penchait pour le passage de 24 à 12 régions. Au final, elles seront deux de plus: les Pays-de-la-Loire et le Nord-Pas-de-Calais.

Jean-Yves Le Drian en position de force

Et selon Libération, «le lobby breton, qui ne voulait pas fusionner avec les Pays-de-la-Loire», a forcé François Hollande «à redessiner en catastrophe sa carte de France». Il s’agit en l’occurrence de l’ancien président de la Région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, un fidèle parmi les fidèles de François Hollande et désormais ministre de la Défense.

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Si deux ministres bretons, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, et Marylise Lebranchu, en charge de la Fonction publique, et même Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, étaient favorables au rapprochement entre la Bretagne et les Pays-de-la-Loire, justifié par «la très forte intégration économiques des territoires»; Jean-Yves Le Drian a posé son véto «faute de pouvoir revenir aux frontières de la Bretagne historique, c’est-à-dire en annexant le département de la Loire-Atlantique plus un bout de la Mayenne», raconte Libération.

A ses yeux, le projet initial manquait de cohérence culturelle et «risque de remobiliser les bonnets rouges, très attachés aux questions identitaires bretonnes». Un argument qui visiblement a fait mouche vu la capacité de nuisance de ces derniers.

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Le patron des Pays-de-la-Loire «contrarié»

Mais la nouvelle version de la carte a suscité l’ire du patron des Pays-de-la-Loire, favorable à la fusion entre les deux régions. «Contrarié… Jacques Auxiette, ne voulait quant à lui ni d’un rapprochement avec le Centre ni d’un mariage avec Poitou-Charentes, au grand regret de Ségolène Royal. Il est donc resté tout seul», poursuit Le Monde.

Une autre région qui devait fusionner selon les plans de l’Elysée a elle aussi réussi à garder la maîtrise de son destin. C’est le Nord-Pas-de-Calais qui a refusé de fusionner avec la Picardie. Qui du coup s’est alliée à la Champagne-Ardenne.

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Mais tous ses schémas ne sont pas gravés dans le marbre. Le Premier ministre s’est dit prêt à faire encore évoluer le nombre de régions, à la baisse, à l’occasion du débat Parlementaire qui se tiendra en juillet. Les lobbys n’ont pas fini de faire parler d’eux.


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