Hortefeux: Le retour de Sarkozy est une «nécessité»

POLITIQUE Il estime que le recours à une primaire est «inutile»...

W.M. et M.P.

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Brice Hortefeux le 15 octobre 2013 à Paris
Brice Hortefeux le 15 octobre 2013 à Paris — Patrick Kovarik AFP

Une «nécessité». C’est ainsi que Brice Hortefeux entrevoit le retour de Nicolas Sarkozy sur le devant de la vie politique française. Cette fois, dans une interview accordée au Monde l’ancien ministre n’utilise plus de précautions de langages pour évoquer le scénario d’un retour en politique de l’ex-chef de l’Etat et il est difficile de croire que cette offensive, venue d’un très proche de Nicolas Sarkozy, ne soit pas téléguidée.

L’ex-ministre de l’Intérieur prépare en effet le terrain sur plusieurs points d’importance pour le camp Sarkozy. «Le retour de Nicolas Sarkozy, qui était une possibilité, devient une nécessité», clame d’abord Brice Hortefeux. Et d’ajouter: «Je souhaite donc qu’il soit candidat à la présidence de l’UMP à l’automne. Nous avons besoin d’un chef, d’un projet et d’un cap.»

Primaire «inutile»

Ce proche de l’ancien président insiste sur le fait «qu’il est le seul dirigeant à avoir trouvé les mots, les gestes et les actes capables d’endiguer la progression du FN» alors que se pose la question de savoir quel parti, entre le FN, l’UMP et le PS, sera qualifié pour le second tour de la future présidentielle. Là encore, il pose l’ex-chef de l’Etat comme le seul recours possible de la droite.

Puis l’ex-ministre, cohérent avec son discours depuis plusieurs mois, d’expliquer que le recours à une primaire pour désigner le candidat de l’UMP à la présidentielle de 2017 est «inutile […] lorsqu’un choix s’impose naturellement».

Un congrès reporté

Sans surprise enfin, il conteste la légalité du triumvirat Juppé-Fillon-Raffarin installé à la tête, provisoirement, de l’UMP. Luc Chatel, vice-président délégué démissionnaire du parti, est le seul à même de prendre la suite de Jean-François Copé, estime-t-il. «Cependant, sans doute faut-il concilier le respect des règles et la réalité politique», dit-il, expliquant que le trio peut aider «politiquement» Luc Chatel. Mais alors, pas question pour cette direction provisoire de prendre des décisions pérennes sur le fonctionnement de l’UMP: la direction du parti ne peut pas empêcher le futur patron de l’UMP de se présenter à la présidentielle de 2017, comme Alain Juppé le souhaite, par exemple.

Enfin, Brice Hortefeux plaide également pour un report du congrès prévu pour la mi-octobre pour préparer au mieux les sénatoriales… qui auront toutefois lieu fin septembre. Mais quelques mois de plus donneraient un peu de répit à Nicolas Sarkozy et, dans l’optique où il souhaiterait revenir, lui éviterait de revenir trop tôt et de s’abîmer trop tôt dans le bain politique, lui qui reste officiellement soigneusement à l’écart de la tambouille politicienne depuis mai 2012.

Sur LCI, un autre proche de Nicolas Sarkozy, Roger Karoutchi, a annoncé que la déclaration de candidature de l’ex-chef de l’Etat interviendrait dans les prochains jours.