Démission de Copé: Pourquoi l’UMP reste en crise

DECRYPTAGE La démission de Jean-François Copé de la présidence de l’UMP ne va pas éteindre la crise dans le parti, marqué par la défaite aux élections européennes et empêtré dans l’affaire Bygmalion...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le président de l'UMP Jean-Francois Copé au quartier général de l'UMP après le second tour, le 30 mars 2014.
Le président de l'UMP Jean-Francois Copé au quartier général de l'UMP après le second tour, le 30 mars 2014. — WITT/SIPA

La démission de Jean-François Copé de la présidence de l’UMP, mardi, ne va pas éteindre la crise dans le parti, marqué par la défaite aux élections européennes et empêtré dans l’affaire Bygmalion. L'UMP reste divisée depuis la défaite présidentielle de Nicolas Sarkozy en mai 2012. Deux éléments nourrissent cette crise.

Pas de chef incontesté à droite

Organisé autour d’un «chef naturel» hérité du modèle gaulliste, l’UMP n’a pas réussi à faire émerger un successeur à l’ancien Président. S’il s’est volontairement mis en retrait de la vie politique, Nicolas Sarkozy n’en est pas moins friand des «cartes postales aux Français» et des interventions médiatiques. Dans le but, pourquoi pas, de construire l’image du sauveur de la droite et prétendre ainsi à de nouvelles responsabilités.

>> Un retour de Jean-François Copé «très improbable aujourd'hui, mais pas impossible»

Cette ambition n’est pas du goût de ceux qui, à l’UMP, veulent prendre la place du chef. Alain Juppé, qui a la faveur des sondages, François Fillon, mais aussi Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez, Nathalie Kosciusko-Morizet sont sur les rangs -plus ou moins officiellement- pour participer à la primaire de l’UMP en 2016. Cette élection interne désignera le champion du parti pour l’élection présidentielle de 2017. A moins que les partisans de Nicolas Sarkozy n’arrivent à lui éviter cet obstacle…

Une division sur la ligne politique du parti

Depuis deux ans, le parti ne parvient plus à renouveler et à expliquer ses fondamentaux politiques. De conventions en programmes, le parti recycle des propositions anciennes sur l’école, les 35 heures ou encore la politique pénale. Quant aux idées innovantes, elles ne sont pas portées collectivement mais par des individus, tels Bruno Le Maire ou Laurent Wauquiez, à coups d’ouvrages… et d’auto-promotion.

L’UMP est parallèlement travaillé en profondeur par les tenants de la ligne de Patrick Buisson -l’idéologue très droitier de Nicolas Sarkozy- et les partisans d’une ligne plus modérée, qui font l’alliance avec les centristes, tels Jean-Pierre Raffarin ou Alain Juppé. Cette division sur la ligne politique s’est récemment illustrée par le «clash» entre Henri Guaino et Alain Lamassoure lors des élections européennes. Un scrutin où l’UMP a été défaite par le Front national, qui appelle à «reconstruction de la droite» autour de ses projets.