VIDEO. «Pas la peine» de présenter un texte sur le droit de vote des étrangers, annonce Bernard Cazeneuve

POLITIQUE Car il n'y a pas de «majorité», justifie-t-il....

M.P. avec AFP

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Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, va présenter en juin deux lois sur l'immigration et l'asile
Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, va présenter en juin deux lois sur l'immigration et l'asile — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

C'était un de ces engagements de campagne de François Hollande, le n°50, bien mal embarqué, déjà repoussé, notamment par Manuel Valls quand il était place Beauvau. Cette fois, la promesse d'accorder le droit de vote aux étrangers est bien enterrée. C'est Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur et des collectivités locales, qui l'a officialisé en expliquant que ce n'était «pas la peine» de présenter un texte, faute de «majorité».

«Il n'y a pas de majorité constitutionnelle pour faire cela (...) Ce n'est pas la peine de poser des questions dont on sait qu'on n'a pas les moyens de les résoudre (...) Nous devons nous concentrer sur l'essentiel de ce que nous pouvons faire immédiatement avec la majorité dont nous disposons: le redressement des comptes du pays, la croissance...», a-t-il développé lors de l'émission Questions d'info «LCP/France Info/Le Monde/AFP».

La crainte de s'abîmer sur sun sujet sensibel

Une annonce qui devrait doucher les derniers rares espoirts de l'aile gauche du PS, qui a toujours défendu cet amendent. En septembre 2012, 77 députés avaient lancé un appel au chef de l'Etat pour qu'il aille au bout de son engagement. La semaine dernière encore, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, annonçait que son parti allait lancer une grande campagne à l'automne en faveur de cette promesse de la gauche, qui date de l'ère Jospin.

Mais la mesure divise au sein de la majorité, certains craignant que le gouvernement s'abîme sur un nouveau sujet «sociétal», d'autant que la droite est mobilisée contre cette mesure.

Réforme constitutionnelle

Le 6 mai dernier, le président de la République avait réaffirmé qu'un texte législatif sur ce droit de vote serait «de nouveau proposé» avant la fin du quinquennat «pour que, dans la préparation» des élections municipales «dans six ans, il puisse y avoir cette réforme». Tout en reconnaissant qu'il n'y avait «pas de majorité aujourd'hui pour voter ce texte».

Cette réforme constitutionnelle nécessite en effet une révision de la Constitution, ce qui ne peut se faire que par référendum ou avec une majorité des 3/5e au Parlement.